samedi 10 décembre 2016

MOZART – Quatuor N°19 "Les dissonances" – Quatuor MOSAÏQUE – par Claude TOON



- Un quatuor de Mozart cette semaine M'sieur Claude ? Après des symphonies, des concertos, un requiem, des sonates, que sais-je, Le Wolgang a aussi composé dans ce genre ?
- Oui et abondamment… D'ailleurs Mozart a brillé dans tous les styles, toutes les formations, un catalogue sans fin…
- Curieux surnom que "dissonances" ! Les musiciens doivent jouer faux ? Ne vous moquez pas de moi…
- Moui, ce n'est pas tout à fait cela… Le début du quatuor présente de nombreuses altérations, du chromatisme bien avant l'heure, une curiosité pour l'époque…
- Je pense que vous allez nous expliquer tout ça. Le quatuor Mosaïques n'a jamais donné lieu à un article d'après l'index…
- En effet, c'est un quatuor fondé par le violoncelliste baroqueux français Christophe Coin et trois amis autrichiens. Ils jouent tous sur des instruments d'époque…

De G à D : Erich Höbarth, Andrea Bischof, Anita Mitterer, Christophe Coin
Le débat perdure pour savoir qui a donné ses lettres de noblesses au quatuor, cette formation de chambre parmi les plus équilibrées et au répertoire immense. Une forme que tous les compositeurs ont abordée, et qui continue d'inspirer les créateurs les plus avant-gardistes. Deux candidats inventeurs sont en lice : Boccherini, l'italien (1743-1805) mais surtout Joseph Haydn (1732-1809). Il sera secondé dans ce rôle par Mozart dont nous parlons ce jour.
La forme définitive du quatuor sera fixée Ad vitam æternam par Haydn : un premier violon, un second violon, un alto et un violoncelle. La simplicité et l'équilibre d'un orchestre à cordes réduit à l'essentiel. L'objectif : donner à travers une polyphonie qui peut s'avérer complexe un rôle de soliste à chacun des instruments. Par ailleurs le compositeur autrichien s'inspire de la forme symphonique naissante pour la succession imposée des quatre mouvements : vif, lent, menuet puis scherzo, final vif. Depuis le siècle des lumières, ce découpage est rarement modifié, on trouve des exceptions chez Beethoven (voir 15ème quatuor), Chostakovitch (8ème quatuor). (Clic) & (Clic). Schubert ne dérogera pas à cette règle dans ses quatuors, même les plus ambitieux : le 14ème "La jeune fille et la mort" et le 15ème, (Clic) & (Clic).
Haydn, enthousiasmé par son "invention" et hyperactif composera pas moins de 68 quatuors réunis en plusieurs cycles. Haydn, dont l'imagination mélodique est inépuisable, va pouvoir ainsi écrire des quatuors de durée importante pour l'époque, près de 25'. De divertissement chambriste, le quatuor devient une œuvre aux intentions psychologiques marquées. L'œuvre d'inspiration religieuse la plus parfaite de Haydn ne sera pas l'une de ses nombreuses messes, mais un quatuor traduisant en musique "les sept dernières paroles du Christ". Un ouvrage qui sera décliné pour orchestre à cordes et même pour chœur et orchestre, prenant ainsi la forme d'un oratorio…

Mozart (28 ans) et Haydn (52 ans) vers 1784...
Joseph Haydn connaît bien Leopold Mozart et rencontra son fils Wolfgang en 1784 à Vienne alors que ce dernier a déjà 28 ans et est à l'apogée de sa carrière. Il confie à Leopold son admiration pour le génie de son fils, celui-ci ayant déjà un respect réciproque pour son aîné. Bien que  Haydn n'ait jamais été son professeur une amitié forte le liera à Mozart et donc rien de surprenant que Mozart, qui transcende tous les domaines musicaux qu'il aborde, ait déjà composé de nombreux quatuors avant cette rencontre. Mozart en a déjà composé 13. Il en composera en tout 23, jusqu'à la fin de sa courte vie, dont un groupe de six est dédié à Haydn (les n°14 à 19, ce dernier étant sous-titré "Les dissonances"). Les six œuvres influencées par celles de son mentor (notamment celles de catalogués HoB.43 de 1781) ont vu le jour entre 1782 et 1785. Elles seront jouées devant Haydn lui-même du 15 janvier au 12 févier 1785.
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Le quatuor Mosaïques a été créé en 1987. Il réunit trois instrumentistes autrichiens autour du violoncelliste français Christophe Coin, spécialiste de l'époque baroque. À ce sujet, les quatre musiciens jouent sur des instruments d'époque avec des cordes en boyau. (Guarneri, Carolus, Cagliano, XVIème et XVIIème siècles.)
Cet ensemble s'est naturellement orienté vers une interprétation "à l'ancienne" du répertoire de l'époque classique et du début du romantisme. Il a gravé des intégrales des productions imposantes de Haydn (10 CD) et Mozart, les pères du genre comme évoqué avant, mais aussi de Beethoven, de Boccherini et du très oublié compositeur français Louis Emmanuel Jadin… Sans oublier Schubert ou Mendelssohn !
Leur discographie est abondante, mais sa disponibilité souffre de lacunes face à une forte concurrence.
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1 – Adagio – Allegro : Mozart ne pouvait pas uniquement copier la forme établie par Haydn sans apporter ses innovations, sa petite touche personnelle, on s'en doute. Il va déjà étendre la durée du quatuor, notamment dans celui-ci, le 19ème, qui approche les 40' puisque le quatuor Mosaïques assure toutes les reprises. Et puis la grande originalité vient de l'adagio introductif. Cette introduction lente précédant l'allegro initial est rare chez Mozart. On trouve cette idée qui permet de plonger l'auditeur dans un climat d'austérité avant l'exposé des premiers thèmes dans la grande symphonie n°36 "Linz" datée de 1783, donc presque contemporaine du quatuor "Les dissonances" (Clic). Vers le fin du classicisme et au début de l'époque romantique, le principe sera de plus en plus fréquent, symphonies londoniennes de Haydn, 1ère et 4ème symphonies de Beethoven. (Clic)
Les surprises ne s'arrêtent pas là. Mozart a choisi la tonalité la plus basique, le do majeur, tonalité réputée pour le sentiment d'optimisme qu'elle dégage. Et pourtant dès l'écoute des scansions introductives du violoncelle et des vingt et une mesures suivantes, une atmosphère oppressante nous étreint. La sonorité semble peu harmonieuse voire grinçante. La lecture de la partition livre le secret : beaucoup de notes sont altérées ♭ et ♯, une ébauche de chromatisme presque un siècle avant Wagner. Le recours à une atonalité distillant une ambigüité sonore témoigne d'un mal être chez le compositeur. On doit se rappeler que les années 1780 marquent un tournant dans le comportement de Mozart le rebelle. La brouille et les querelles récurrentes avec le prince-archevêque Colloredo, son protecteur, conduisent à son évincement. Il a appris que l'un de ses amours de sa vie, Aloysia Weber, s'est détournée de lui pour un autre homme. Le mariage avec Constance Weber l'a opposé durablement à son père qui n'était pas consentant. Mozart est libre, connaît le succès, mais il est criblé de dettes et la lutte pour l'indépendance a été rude, et tous ces conflits l'ont souvent conduit aux portes de la dépression. Cette introduction douloureuse et son solfège aux tons funèbres (qui sera à l'origine du sous-titre "Les dissonances") préfigure la morosité rampante de l'allegro [1:42]. Ô bien entendu, les mélodies s'entrecroisent, riches et volubiles, le souffle épique du grand Mozart, mais le cœur n'y est pas vraiment. Mozart, comme souvent, veut divertir, mais aussi se confier, démasquer sa réputation de joyeux luron insolent qui même de nos jours lui colle à la peau. Le jeu du quatuor Mosaïques met parfaitement en avant cette ambivalence dans les sentiments : un phrasé clair, peu de vibrato, donc un soupçon de dramatisme dans un discours qui pour autant reste éminemment lyrique…

Soirée quatuor chez haydn
2 - Andante cantabile : [14:40] L'andante contraste avec la vivacité de l'allegro. Le discours se développe de manière à la fois sinueuse et scandée par des motifs du violoncelle, une marche presque sépulcrale. Noté Fa majeur, le mouvement s'étire en déploration. Pas de nostalgie ou de regret, mais des doutes existentiels. Que Mozart est loin désormais des divertissements de sa jeunesse ! La magie d'un récit musical passionné opère grâce à la subtile maîtrise des lignes de chant qui s'entremêlent tantôt avec gravité, tantôt avec une évidente spiritualité, une prière intime contrastant avec l'état d'esprit agnostique d'un Mozart qui vient d'entrer en loge maçonnique.

3 - Menuet (allegretto) : [22:11] On attend d'un menuet un moment de détente joyeuse voire festive. Le tempo allegretto ne prête guère ici à la fantaisie, à l'esprit dansant. Le goût pour le plaisir serait-il en berne chez le compositeur ? Un mouvement étrange qui fascine par la fluidité et la simplicité presque naïve de son flot musical sans réelle tristesse.

4 – Allegro : [28:31] Le final apporte enfin la gaieté. On retrouve le style divertimento et des thèmes qui se pourchassent avec allégresse. Un solo ludique et frivole du premier violon montre un Mozart qui tourne le dos à la tentation sournoise du renoncement. Les instruments du Quatuor Mosaïques caracolent joyeusement avec un tempo retenu pour ne pas rompre avec la volonté d'intériorité voulue depuis l'adagio. Grande interprétation pour l'un des quatuors les plus essentiels du siècle des lumières.
Le Quatuor Mosaïques apporte une grandeur quasi symphonique à leur interprétation. N'était-ce pas le but recherché par Haydn le père fondateur du genre ? Les timbres de leurs instruments sont fastueux. L'élan de leur jeu expansif exempt de toute mièvrerie évoque les premiers soubresauts du romantisme d'un Beethoven.
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Les six quatuors dédiés à Haydn ont donné lieu à de nombreux enregistrements. Les gravures sont regroupées la plupart du temps dans des intégrales où des coffrets. Intégrale globale de référence avec le Quartetto Italiano dont la souplesse du phrasé et l'élégance chaleureuse du son font merveilles dans ce répertoire. Je n'insisterai jamais assez sur le fait que si la musique de Mozart ne présente pas de difficultés techniques majeures et gratuites, son interprétation nécessite d'entrer en communion avec la profondeur qu'elle recèle. C'est le cas pour ces enregistrements des années 60 et 70 d'origine Philips (DECCA – 6/6). À la même époque le Quatuor Alban Berg, sans les reprises, nous offre trois cycles de quatuors de la maturité. Plein d'énergie, sans doute un léger manque de poésie en ce début de carrière (TELDEC – 5/6). Enfin, plus récemment et pour se recentrer sur ce quatuor dit des dissonances, le Quatuor Ebène est un choix qui fait consensus (Erato – 5/6).

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vendredi 9 décembre 2016

HAPPY BIRTHDAY KIRK DOUGLAS : 100 ANS, par Luc B.


J’avais lu l’autobiographie de Kirk Douglas, LE FILS DU CHIFFONNIER (1988), beau succès de librairie, j’en garde le portrait d’un homme engagé, au caractère bien trempé, et très actif auprès de la gent féminine. Ce qui avait fait polémique, Douglas n’hésitant pas à nommer ses conquêtes, et force détails croustillants. Ce qui était assez inédit à l’époque. Il y parlait aussi de ses origines juives, ne comprenant pas les remarques antisémites à son égard, alors qu'il est né sur le sol américain.

La Griffe du Passé, avec Robert Mitchum
Il nait Issur Daniélovitch Demsky, d’une famille juive biélorusse. Sa mère se prénomme Byrna, nom que l’on retrouvera aux génériques de plusieurs de ses films, puisque c’est ainsi qu’il nomme sa société de production.

Avec Burt Lancaster
C’est lorsqu’il fréquente les écoles de théâtre qu’il prend le pseudo de Kirk Douglas, devenu ensuite son nom d’état civil. Il joue sur les planches, y rencontre la jeune Lauren Baccall, mais sa carrière est stoppée par la guerre. Il s’engage dans la marine, pas longtemps, pour cause de santé.

Retour au théâtre new yorkais, puis un petit rôle au cinéma dans L’EMPRISE DU CRIME (bonne petite série B avec Barbara Steinwick, 1946, que j'ai vue, les joies des DVD à 1 euro en supermarché...). Point de départ d’une des plus fabuleuses carrières qui soit, avec pour apéritif un classique du Film Noir, LA GRIFFE DU PASSE (1947, Jacques Tourneur, avec Robert Mitchum) et CHAINES CONJUGALES (1949, Joseph L. Mankiewicz).

Kirk Douglas a 100 ans aujourd’hui ! Sa femme, 97 ! C’est  Anne Buydens, d’origine allemande, passée en Belgique puis en France, raison pour laquelle Kirk Douglas manie un peu le français, comme son fils Michael.

Tout le monde connait la gueule de Kirk Douglas, et sa fossette au menton. Visage taillé  à la serpe, buste d’athlète (comme son pote Burt Lancaster, 7 ou 8 films en commun), alors que ce n'est pas un grand gabarit. Une réelle présence à l'écran, un jeu tantôt sobre ou halluciné selon les rôles (donc pas de maniérisme), un animal, mais doté d'une grande classe, charmeur et l’œil rieur, ou le sourire carnassier et le regard plus dur et froid que l'acier. Son jeu n'est pas cérébral, comme les Paul Newman, Pacino, et ceux de l'Actor Studio, davantage physique, mais je trouve qu'il fait le lien avec cette génération, dans ses choix, ses compositions. Et la voix. J'adore sa voix, son timbre, y compris dans les VF ! Il n'était pas l'archétype du brun ténébreux, normal, il était blond aux yeux bleus. Il a joué pas mal de salauds, de cyniques, de mégalos. Il tourne tous les genres, western, polar, guerre, péplum, drame… Et pas des moindres ! Et pas avec n’importe qui. Kirk Douglas n’était pas lié à des studios, il signait des contrats avec des producteurs, pour deux ou trois films, puis partait ailleurs.

Avec Kubrick sur Les Sentiers de la Gloire
Spartacus
Il est lui-même devenu producteur pour s’assurer une indépendance artistique. Car l’homme ne cache pas son penchant pour la politique, démocrate convaincu, même s’il était aussi ami avec Nancy Reagan. Il vient de faire publier par les journaux une longue diatribe anti-Trump, rappelant qu'il a vécu la dépression de 1929, une guerre mondiale, le maccarthisme, épousé une femme dont la famille a été chassée par les nazis, et que ce qu'il entend depuis quelques temps aux USA l'inquiète quelques peu... Il a encore du jus, pépère. 10 ans avant la génération du Nouvel Hollywood (Warren Beatty, Arthur Penn…) Kirk Douglas avait ce qu’on appelle une conscience, et n’hésitait pas à s’impliquer dans des réalisations qui la reflétait.

On se souvient de sa méga production SPARTACUS (Stanley Kubrick, 1960) où il embauche le scénariste Dalton Trumbo, alors black-listé pour amitiés communistes. Fallait le faire... A l’origine, il avait confié la mise en scène à son ami Anthony Mann, mais rapidement ce choix s’avère mauvais. Mann n’arrive pas à prendre la mesure du projet. Douglas congédie Mann avec la promesse (tenue) de retravailler bientôt avec lui, et fait appel à Stanley Kubrick, suffisamment effronté et orgueilleux pense-t-il pour reprendre un tournage avec des monstres comme Charles Laughton ou Laurence Olivier. Bonne pioche. Douglas avait mis sa notoriété au service du jeune Kubrick, rendant possible LES SENTIERS DE LA GLOIRE (1957), charge antimilitariste. Deux collaborations qui ont fait dire à Douglas : « Sur un plateau, Kubrick est un génie. Dans la vie, c’est un sale con ! ». C’est - entre autre - parce qu’il ne supportait pas l’ingérence de son producteur sur SPARTACUS, que Kubrick ne concevra ses prochains films qu'avec un contrôle total. 

Kirk Douglas en colonel Dax, arpentant, déterminé, les tranchées militaires, précédé par les travellings arrières de Kubrick, reste parmi les images les plus marquantes de sa filmographie, et de mon panthéon personnel...

Le Gouffre aux Chimères
Dans les années 50, Douglas apparait dans des films somptueux. On retiendra l’extraordinaire GOUFFRE AUX CHIMÈRES (1951, Billy Wilder) où il excelle en journaliste arriviste près à tout pour un scoop. Il y est fabuleux de cynisme. Détestable aussi, son rôle de producteur de cinéma (tiens, tiens) dans LES ENSORCELLES (1952, Vincente Minnelli), un des films les plus virulents sur le monde hollywoodien. Il retrouve Minnelli pour LA VIE PASSIONNÉE DE VINCENT VAN GOGH (1956), où il donne une composition frénétique et quasi schizophrénique du peintre. Et que dire de cette splendeur, LA CAPTIVE AUX YEUX CLAIRS d’Howard Hawks (1952), grand film humaniste, d'aventures, un regard sur le peuple indien bien différent des westerns lambda.

Van Gogh
Kirk Douglas est aussi le héros de grandes fresques d’aventure, qui confortent son statut de star. 20 000 SOUS LES MERS (1954) réalisé par Richard Fleischer, les deux hommes se retrouvant en 1958 pour LES VIKINGS, avec Tony Curtis et Janet Leigh. Dans le genre Kirk en jupette, citons aussi le classique ULYSSE (production européenne bof bof, mais qui a fait les beaux jours du petit écran). Rayon western, deux films de John Sturges devenus des classiques, REGLEMENT DE COMPTES A OK CORRAL (1957) et LE DERNIER TRAIN POUR GUN HILL (1959). Et un que j’aime beaucoup, L’HOMME QUI N'A PAS D’ÉTOILE (1955) de King Vidor.

Le cowboy épris de liberté, sera repris dans un film contemporain, un de ses plus beaux : SEULS LES INDOMPTÉS (1962), encore écrit par Dalton Trumbo. Kirk Douglas y passe à la réalisation, superbe scope noir et blanc, insatisfait du travail de David Miller, pourtant crédité. Revu il y a peu à la télé, c'est un film superbe. Les années 60 sont marquées par de grandes productions, LES HÉROS DE TELEMARK (1965, Anthony Mann), PARIS BRULE-T-IL (1966, René Clément), films plus politiques comme SEPT JOURS EN MAI (1964, John Frankenheimer, avec aussi Burt Lancaster) et un John Huston potache LE DERNIER SUR LA LISTE, où Kirk Douglas, méconnaissable, maquillé, interprète quatre rôles. Il s’y amuse beaucoup avec Mitchum, Lancaster et Tony Curtis.

En 1963 il joue au théâtre VOL AU DESSUS D’UN NID DE COUCOU, d’après le livre de Ken Kesey, dont il a acheté les droits. Il y joue le rôle de Mc Murphy, que reprendra Nicholson au cinéma. Mais il rame pendant 10 pour imposer son adaptation cinéma aux studios. Le sujet passe mal à l'époque. Il cède le projet à un producteur débutant de 25 ans, un certain… Michael Douglas, qui confie la réalisation à Milos Forman, et on connait la suite…

avec lui même... dans L'Arrangement
En 1968, il joue dans LES FRÈRES SICILIENS (Martin Ritt) qui ne reste pas dans les annales mais qui est un des premiers films à parler de la mafia, 4 ans avant LE PARRAIN. L’année suivante, il joue pour Elia Kazan dans L’ARRANGEMENT, avec Faye Dunaway et Deborah Kerr. Pas revu depuis longtemps, mais qui m’avait paru étrange et fascinant, dans le portrait d’un américain bien installé qui pétait les plombs et rejetait toutes les valeurs institutionnelles.

La suite est plus anecdotique, mais il y aura ce curieux et sarcastique western de Joseph Mankiewicz, LE REPTILE, avec aussi Henry Fonda, richement dialogué, décalé, mais dont les effets de réalisation ont vieilli. Kirk Douglas repasse à la réalisation avec SCALAWAG (1973) adaptation de L'ILE AU TRÉSOR, un four total, ratage complet, au contraire de LA BRIGADE DU TEXAS (1975) autre western où Douglas s’offre le rôle d’un marshall populiste et ambitieux. La réalisation est soignée, c’est à la fois un spectacle d’aventure et une réflexion ironique sur le pouvoir et la justice. Mais le film ne fonctionne pas, et Douglas laisse définitivement tomber la caméra.

On le voit chez Brian de Palma dans FURY (1978), bof, dans RETOUR VERS LE NIMITZ (1980) aventures spatio-temporelles qui fait travailler les méninges, et qui revu récemment tient sacrément bien la route. Et l'improbable SATURN 3, un machin de science-fiction dirigé par Stanley Donen (oui, l'auteur de CHANTONS SOUS LA PLUIE et CHARADE !) qui trône haut à la rubrique des nanars cultes !  

Martin Sheen et James Farentino, Le Nimitz
Kirk Douglas s’éloigne des studios, il n’est plus tout jeune, il a eu un accident d’hélicoptère, un infarctus, une attaque cérébrale, qui lui laisse de profondes séquelles. Une élocution qui lui donne l'air sénile, alors que non.  En 1986, il tourne COUP DOUBLE, une comédie où son pote Burt Lancaster et lui cabotinent joyeusement, à la manière de Belmondo et Delon dans le calamiteux film de Lecomte. On oubliera aussi L’EMBROUILLE EST DANS LE SAC, de John Landis, remake du OSCAR avec Louis de Funès, joué par… Sylvester Stallone !  

Kirk Douglas a écrit aussi trois romans, et a publié le quatrième tome de son autobiographie. C’est pas une belle carrière ça ? Hawks, Wilder, Huston, Kubrick, Minnelli, Mankiewicz, Kazan…

Un siècle ! Merde ! Y’en a pas beaucoup qui ont passé le cap ! Il pourra sans doute trinquer avec Olivia de Havilland (100 piges aussi) inviter pour le dessert Gisèle Casadesus (102 ans), Zsa Zsa Gabor (99 ans) ou Michèle Morgan (96 ans)…

Bon anniversaire cher Kirk !!! Longue vie !!! Et je vous fais parvenir au plus vite mon scénario sur la vie de Jeanne Calment, les raccords maquillage ne devraient coûter trop cher.


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Je ne vais pas vous montrer des extraits de film (lequel choisir ?) mais de télé. Une soirée des Oscars, avec Burt Lancaster, la chanson est sur le thème de  : "ah quelle chance de ne pas être nominé". C'est juste génial. Et un journal de F2, où il parle français.

Bon, vous l'aurez compris : j'adore ce mec.






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jeudi 8 décembre 2016

FOO FIGHTERS - "Back and Forth" (DVD 2011) – par Vincent le Chaméléon



They are my Heroes !


Foo Fighters d’hier...
Voilà sans doute pourquoi Dave Grohl est un type ultra attachant et apprécié de tous ceux qui l’ont approché un jour. En gros, de Bonnie Riatt à Jimmy Page (voir aussi pour cela le triple DVD Sonic Highways sorti en 2014). Vous voulez savoir pourquoi ? Tout simplement parce que tout ce qu'il fait et tout ce qu'il entreprend depuis ses débuts, il le fait avec du cœur et des tripes. Ce DVD, relatant toute l'histoire des FOO FIGHTERS jusqu'à l'enregistrement de leur septième album, le fantastique et incontournable Wasting Lights, est assurément là pour en attester.
Tout commence aux alentours de la fin des années 90. Ainsi, ce qui n'était initialement qu'une poignée de chansons écrites en marge du groupe Nirvana par son batteur, et enregistré sommairement en guise de petite démo, s'avèrera finalement être à l' origine de tout. Ce, peu avant que le chanteur du trio Grunge le plus adulé de la planète ne finisse par mettre fin à ses jours à l'âge de 27 ans.

Ce documentaire, Back and Forth, montre, par le menu, que ce groupe n'aura surtout jamais œuvré dans le but d'être célébré et adulé comme tant d'autres formations voisines. Car non ! Ce n'est à aucun moment l'argent, la gloire ou la notoriété qui auront poussé ces cinq-là à faire de la musique ensemble. La passion de la musique et du Rock, le plaisir de partager quelque chose ensemble, tout ça aura rendu cette formidable aventure musicale et humaine possible. Rien d'autre. Parce que les FOO FIGHTERS, qu'on se le dise, c'est tout de même (que l'on aime ou pas les chiffres) quelques 20 années au service du Rock, une jolie brochette de Hits (pas vraiment diffusés chez nous… Forcément !) pour quelques 20 Millions d'albums vendus, quand même.


... Et d’aujourd’hui avec de G à D :
Nate Mendel (basse), Chris Shiflett (guitare), Dave Grohl (Chant/guitare),
Taylor  Hawkins (batterie) et Pat Smear (guitare)


Ô bien-sûr ! Ces premières années ne se seront pas écoulées sans heurts, sans quelques larmes, sans quelques belles querelles aussi (le coup de main donné par Dave Grohl sur le Songs for the Deaf des Queens of the Stone Age aura carrément été vécu comme un coup de poignard dans le dos par le groupe). Sans des départs également (volontaires ou non) et même des retrouvailles. Enfin, sans quelques grosses frayeurs aussi (le coma du batteur Taylor Hawkins dû à sa consommation de drogues a une certaine époque).

Ce qui est particulièrement intéressant dans ce documentaire du groupe, c'est de voir tous ceux qui auront participé à l'aventure, même dans un court laps de temps, venir témoigner afin de nous y livrer leur ressentis, leurs regrets et même leurs rancœurs sur cette histoire qui se sera prématurément arrêté pour eux (le premier batteur notamment).
Ce doc est également exemplaire en cela : La franchise est ici de mise tout du long. Dave Grohl n'étant pas épargné pour l’occasion.
Et puis il y a Butch Vig également. LE producteur de Nirvana et de Garbage. La famille, les enfants, le vieux complice de Nirvana, Chris Novoselik. Ils sont tous de la partie. Bref ! La famille est au complet.

Pour finir, Back and Forth est aussi là pour nous permettre de mesurer à quel point les embuches qui parsèment la vie d’un groupe sont ainsi nombreuses. Malgré toutes les précautions et le bon vouloir des uns et des autres pour tenter, par tous les moyens, de pérenniser un tel collectif. Tentatives ô combien délicates si il en est ! Et ce film justement le traduit très bien.

En résumé, il se pourrait tout à fait que tout ce que vous rêviez de savoir sur cette formation des plus attachantes se trouve au sein d’un produit tel que celui. Sachant que la création et la réalisation de chacun des albums enregistrés par le groupe est à chaque fois détaillé avec suffisamment de propos pour que cela permette à chacun de découvrir ou redécouvrir certaines de ces œuvres sous un jour nouveau.

Voilà donc un excellent moment en perspective. Quand bien même vous ne seriez que peu coutumier du groupe. Raison de plus pour le découvrir de bien belle manière !




mercredi 7 décembre 2016

GLENN HUGHES "Resonate" (novembre 2016), by Bruno


     Décidément, ce bon vieux Glenn ne semble pas vouloir accepter la vieillesse. Il cultive plus que jamais un look de djeun's et on peut légitimement se demander s'il n'aurait pas fait appel à la magie du bistouri. Ou sinon, il a eu accès à un ancestral secret permettant de rajeunir. A moins que lui aussi ait conclu un pacte , car si l'on peut tricher avec des étoffes chatoyantes et ajustées, et le savoir faire de riches chirurgiens, il en ait autrement avec la voix. Car c'est assez confondant, mais le temps a du mal à laisser sa terrible et implacable marque sur cet homme (64 ans depuis le 21 août dernier)
C'est même à se demander si elle - la voix - n'a pas rajeunie. Surprenant. Il faut dire aussi qu'il la ménage. Notamment en évitant dorénavant toutes gueulantes intempestives. Fini les sirènes stridentes et c'est tant mieux. Glenn Hughes peut bien être un des meilleurs chanteurs de Hard-rock depuis des décennies, il n'en est pas moins exaspérant lorsqu'il s'évertue à pousser ses cris de lutin diabolique qui s'est coincé les b...., les c..... les doigts dans le chambranle d'une lourde porte. 
Quelqu'un m'a dit qu'il chante même mieux que sur ses précédentes réalisations. C'est plausible. 

     Recherche de la jeunesse éternelle également avec la direction de son nouveau disque qui se veut résolument moderne. Pas d'inquiétude, la modernité ici ne consiste pas à piocher dans ce que nous impose l'industrie "musicale" et du divertissement à travers leurs employées (les poseuses aguicheuses et égocentriques apprêtées comme des as de pique dévergondés). Même pas quelques menues concessions à base de froids synthés, de raides boîtes-à-rythmes ou de violons larmoyants. 
Après quelques errances, voilà des années que Glenn Hughes affirme son appartenance à l'univers du Rock, et plus particulièrement à la sphère Heavy-rock. Et ce n'est certainement pas ce "Resonate" qui risque de faire dévier cette direction.

     Au contraire, car là, ça fait dans le lourd. Le gras, le furieux, l'agressif, le décapant. De quoi faire décoller la tapisserie et décrocher les cadres. Si vos enceintes affichent un nombre d'heures de vol bien conséquent, méfiez-vous, vous risqueriez de les achever. Attention, il n'a pas viré Thrash ou Indus. C'est toujours foncièrement du hard-rock mais une puissance de feu qui lui permet de bousculer bien des bastions Metal. 

     Paradoxalement, en dépit de la puissance sonique délivrée, son goût pour la Soul est palpable. Un goût relativement estompé avec Black Country Communion et California Breed et qui revient ici avec une certaine force. En bref, ses diverses collaborations avec le métallurgiste Tony Iommi remontent à la surface, tout en exploitant une Soul singulière, propre à cet illustre personnage. Une Soul assez originale, pour ne pas dire atypique, né de son amour pour Otis Redding, la Tamla Motown et Free couplé à ses années Trapeze et Deep-Purple, qui ont considérablement durci le vocabulaire. Son retour discographique des années 90 lié à ses diverses explorations ont poursuivi cette construction.
Adersen et Hughes avec sa nouvelle basse signature Yamaha

     La guitare de Soren Andersen est la première coupable de cette imposante effusion sonore, de ce formidable et écrasant élan électrique. Essayant de déborder de son cadre. Pas si démesurée que ça en fait, mais bien suffisamment pour imposer à elle seule l'utilisation de supports hi-fi pour une restitution honnête de la présente oeuvre. Les gadgets plats, ordinateurs et systèmes audio embarqués sont à bannir, car l'orchestration y étouffe, devenant alors, plus ou moins, un agglomérat de crépitements électriques. 
     Certains titres taquinent même le Stoner. "Flow", véritable machine destructrice d'un monde post-apocalyptique, en étant le meilleur exemple. Une pièce qui aurait dû être la bande son de tous les "Terminator".  
Parfois, c'est un montage improbable entre ce Stoner lourd et pesant et une Soul nettement plus lumineuse. L'ombre et la lumière. Ce qu'atteste "Let it Shine" qui alterne entre un raid dévastateur de cyclopes impitoyables et furibonds et des envolées de raffinées entités célestes ailées.

     On peut aussi déceler quelques réminiscences du Deep-Purple Mark III. Sensation exacerbée par la présence d'un orgue Hammond. Parfois, on se retrouverait presque en présence d'un Jon Lord en furie. L'introduction de "Steady" a d'ailleurs tous les attributs de l'hommage. Un titre d'ailleurs qui a bien des points communs avec les groupes de Heavy-rock progressif. Entre Warhorse, le Yes d'avec Trevor Rabin, le Pourpre Profond et Uriah-Heep
On pourrait croire que c'est Per Wiberg (de Spiritual Beggars) qui gère les claviers. Mais non. Il s'agit de Lachy Doley que Glenn considère que le plus grand joueur de claviers vivant. Une déclaration probablement et volontairement dithyrambique pour attirer l'attention. Néanmoins, cet Australien, capable de faire sonner son clavier comme une guitare habillée de wah-wah et de phaser (notamment grâce à la tige de vibrato de son clavinet Hohner D6 branché dans une Cry Baby et un Tremolo Harris), chantant plus qu'honorablement le Blues d'une voix assez rocailleuse, voit actuellement sa notoriété grossir rapidement. Une reconnaissance grandissante largement justifiée. Les représentations du trio Lachy Doley Group ne laissent pas indifférent. Que les amateurs d'orgue Hammond (présentement un Hammond C3 agrémenté de la Tube Driver de BK Butler et d'une cabine Leslie) y prêtent une oreille attentive ; ils ne seront guère déçus. C'est excellent. (L'absence de guitare ne se fait même pas ressentir. Incroyable)
Doley triturant la tige de vibrato de son Hohner D6

    On a pu le voir, en studio et/ou sur scène, avec des gens tels que Jimmy Barnes, Steve Vai, Powderfinger, The Beautiful Girls et Joe Bonamassa
Il est fort probable que dans les années à venir son nom devienne aussi connu que celui de Don Airey, Derek Sherinan et Brian Auger. Enfin, s'il y a une justice. Ce gars en a sous les doigts. 
Son jeu torride apporte ici une force et une consistance que l'on retrouve que trop rarement chez les claviéristes d'aujourd'hui. Un digne héritier des Jon Lord, Keith Emerson et Hensley. (Comme Per Wiberg).
Ne pas confondre avec Clayton Doley, le frangin, un virtuose reconnu de l'orgue Hammond (mais aussi chanteur, compositeur, producteur, directeur musical pour la télévision australienne), présent sur les disques de Jimmy Barnes, Mahalia Barnes ("Ooh Yeah - The Betty Davis Songbook" clic-lien), Billy Thorpe, Harry Manx, Rick Price.

     Dans la catégorie des ramponneaux, on a aussi "How Long". Une agression caractérisée qui s'empare de votre son cerveau pour le cogner contre la boîte crânienne. "ça fait Mururoa dans ta tête à toi". Réel et foudroyant attentat sonore où Glenn démontre qu'il peut encore s'arracher les cordes vocales (pourrait-il en faire autant en concert sans séquelles ?). Néanmoins, cette pièce peut s'avérer un brin rêche et irritante pour les esgourdes les plus sensibles. Soren a eu la main lourde sur le gain d'une pédale de distorsion de milieu de gamme.
"Heavy", une première salve offensive, dont le riff du refrain ne manque pas d'évoquer Deep Purple (le riff binaire de "Mistreated" copieusement gonflé à la distorsion).
"My Town" avec son rythme soutenu et appuyé, fait dans le hargneux. Et n'a de cesse de mordre tant qu'elle n'a pas goutté au sang. 
Sur "God of Money" (thème plus que jamais d'actualité) la basse se montre à la fois inquiétante et volubile. Le morceau évolue comme une sombre et incoercible menace rampante, dénuée de sentiments, mue par la soif de nuire. "Don't bow down on the ground to the God of money". 
Ne pas omettre "Stumble and Go" ; une réalité alternative où Glenn se retrouverait en studio avec David Bowie et James Williamson pour enregistrer ce qui va donner "Raw Power", avec donc, cette fois-ci, des parfums Soul marqués.
Andersen et sa Yamaha Revstars RSP20CR

     "Resonate" ne se limite pas à une débauche d'énergie, une déferlante de décibels. 
Ainsi "When I Fall" vogue sur un nuage ; une ballade Soul éthérée, limite onirique. Un écrin pour la voix de Glenn qui écrase alors tous les imposteurs de Nü-Soul. Une douceur qui, étonnement, ne choque pas au milieu de ce dangereux arsenal de Rock dur et abrasif. Néanmoins, il est certain que les adeptes de Metôl lourd vont s'empresser de le vilipender.
Sur "Landmines", une Stratocaster crâneuse se pointe en se pavanant sur une rythmique Funky Hendrixienne, et, lors du solo, chante à l'aide d'une Talk-box. Bien que l'esprit de ce morceau soit indéniablement issu des 70's, la section rythmique crée un lien indéfectible avec un big sound absolument actuel, irradiant d'un halo métallique. La batterie est assurée par un bûcheron apte à faire trembler le sol sous ses coups de butoir, et la basse est tenue par un orque belliqueux. Pourtant, Glenn n'a physiquement rien de ces êtres fabuleux robustes et inquiétants. Cependant, le jeu de basse ici est monumental. Certes, aucunement dans le sens technique et prodigieux mais plutôt par sa présence, sa fluidité et un groove imparable. Quoique, au niveau technique, sur le break de "Stumble & Go" (comme sur celui de "Steady"), dans un élan virtuose, la basse se débat tel un forcené dans une camisole de force, à la manière de feu-John Entwistle (sans les harmoniques).

     L'album a fait le choix de se concentrer sur les rythmiques au détriment des soli de guitares qui se limitent ici à moins qu'une peau de chagrin. Préférant plutôt le temporaire changement de rythme, ou moduler le riff, voire un chorus déstructuré à la manière de Tom Morello (en bien mieux). Au mieux, c'est un court et concis solo ("Steady", "Landmines") afin de ne pas perturber le rythme et l'intensité. Ce n'est pas une manière de contourner des lacunes, car le Danois est plutôt un fin bretteur. Guitariste de Mike Tramp (ex-White Lion), il a aussi joué pour Thorbjorn Risager, Oliver Weers et Superfuzz. Il a aussi arpenté les planches, outre ceux mentionnés précédemment, en présence des Bonamassa, Marco Mendoza,  Billy Sheehan, Dave Mustaine. Andersen est également producteur.
     Les quelques rares soli sont joués par l'orgue qui permet alors, malgré ses attaques franches et relativement saturées, de tempérer le propos. Une politique qui, si elle n'est pas vraiment nouvelle, permet de nuancer les climats et les couleurs. Offrant un complément de vie à des morceaux qui peuvent pécher par des excès de brutalité. D'autant plus que Lachy Doley a l'art pour faire sonner son clavier comme une guitare, de s'exprimer comme elle (certainement grâce au vibrato manuel de son Hohner). 

     Un disque qui peut surprendre à la première écoute. Au point où il est possible de le négliger, de ne pas faire l'effort d'aller plus loin, sans lui laisser de seconde chance. Une erreur car "Resonate" s'avère être finalement un bon cru de monsieur Glenn Hughes
A écouter à donf ou au casque.
L'album risque fort de diviser, mais il compte déjà dan ses rangs et fidèle et âpres défenseurs.


No.Titredurée
1."Heavy"  3:22
2."My Town"  4:07
3."Flow"  4:37
4."Let It Shine"  4:48
5."Steady"  6:33
6."God of Money"  5:05
7."How Long"  5:59
8."When I Fall"  3:56
9."Landmines"  4:25
10."Stumble & Go"  3:24
11."Long Time Gone"  4:36
All songs by Glenn Hughes

     Il existe déjà une version Deluxe (!?) avec un titre bonus. Une reprise de Gary Moore, "Nothing's by the Same". Une jolie chanson romantique de l'Irlandais qui clôture l'album "After Hours" de 1992. En aparté, on oublie souvent que Gary Moore était aussi un fameux compositeur de ballades et de tendres slows romantiques ("Evenin' ", "Empty Rooms", "Parisian Walkways", "I Had a Dream", "Johnny Boy", "Separate Ways", "Picture of the Moon", "Just Can't Let You Go").
On peut concevoir l'édition "deluxe" avec un DVD en sus, mais cette stratégie d'édition parallèle comprenant un ou deux titres supplémentaires est tout simplement synonyme de pure arnaque et d'irrespect total de la personne. Pourquoi pas des livres avec un chapitre en plus, ou une série avec un épisode ou deux supplémentaires ? A mon sens, c'est pratiquement la même chose. Un disque est un tout et en proposer tronqué d'une pièce ou deux dénonce une perte de sincérité et d’honnêteté. Ça pue.  
Les italiens de Frontiers Records s'inspirent dorénavant du mercantilisme agressif américain pour se remplir les poches. A mon sens, c'est un comportement indigne, d'autant plus venant de personnes sensées s'intéresser et travailler pour la musique. Rappelons qu'à l'origine, c'était un label indépendant fondé pour promouvoir le Hard-rock mélodique (FM et/ou AOR) et le Métal-progressif. Et il a bien œuvré depuis 1996 et on peut le remercier. Malheureusement, apparemment certaines choses changent.
  On cultive l'avidité, la convoitise et la cupidité.  "God of Money" ?
Bande de troucduc ! Ne vous plaignez pas si les gens finissent par télécharger comme des sauvages !!




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Connexions (clic-liens) :
- California Breed (2014)
- Black Country Communion (2010)
- DEEP PURPLE "Burn" (1974)
- DEEP PURPLE "Come Taste The Band" (1975)
- TRAPEZE "You are the Music ... We're just the Band" (1972)
- BLACK SABBATH "Seventh Star" (1986)