jeudi 30 mars 2017

Jon OLIVA - Raise the Curtain (CD 2013) – par Vincent le Chaméléon



Pas aussi énorme que ça

Pour des raisons qui seraient bien trop longues à expliquer ici, mon attachement à JON OLIVA demeure, depuis quelques 30 ans maintenant, quasi intact. C'est donc en toute logique que j'aurai acquis son premier effort sous son propre nom en 2013.
Alors qu'on m'annonçait ici ou là que cet album risquait d'en ébranler quelques-uns sous prétexte de quelques instruments ayant d'ordinaire peu ou rien à voir avec celui de l'univers Metal (Flute, trompettes, accordéon), je m'attendais vraiment à être bousculé par la musique de JON, et comme jamais auparavant.
Croyez-le ou non, mais quand Helloween a sorti son Chameleon ou Megadeth Risk, là j'avais vraiment eu matière à être secoué. Certainement pas ici !

Avec un tel disque, JON OLIVA ne s'éloigne pas autant que ça de l'univers qu'il avait ainsi développé au sein de son dernier projet : le Jon Oliva's Pain. Surtout au regard d’un disque comme Festival, paru 3 ans plus tôt.
L'embêtant ici, c'est qu'à avoir tout supervisé, et surtout quasiment tout joué (à l'exception des instruments à vents et de la batterie - Christopher Kinder est encore là -), il manque de vraies et belles guitares placées bien plus en avant qu'elles ne le sont ici. A l'inverse l'orgue de l'ogre JON est assez, et sans doute beaucoup trop, omniprésent tout au long de l'album.
A la sortie du disque, un journaliste vantant les immenses qualités de l'œuvre en question affirmait que l’imposant chanteur avait sans doute écrit ici quelques-unes de ses plus belles ballades. Là aussi, croyez-le ou pas, ma réponse est non ! C'est à croire que ce journaliste n'a pas du beaucoup écouter les 4 albums du Jon Oliva's Pain, et encore moins des titres tels que "Fly Away", Firefly", "Walk Upon the Water" ou bien encore "Someone".

Au lit va !

Non je l'avoue, ce disque ne m'aura pas emporté plus que ça, et encore moins ému. La faute peut être également à un JON jouant trop sur l'aspect agressif de son chant, au détriment de mélodies fortes, dont il nous a, et à maintes reprises, prouvé qu'il en était pourtant l'un des plus éminents artisans.
Et puis, pour quelqu'un ayant décidé de mettre un terme définitif son ancien groupe, Savatage, il y a plus de 15 ans maintenant, faire le choix de ressortir le même concept graphique pour la troisième fois au moins sur l'une de ses pochettes (le piano à queue, la guitare entourée de roses, le rideau avec les ombres fantomatiques), ça commence à devenir un poil "too much" également.

Ce disque, aux instrumentations très profondément ancrées dans celles des années 70’, n’est certes pas déplaisant pour un sou, il lui manque juste cette originalité qui aurait pu l’éloigner, même momentanément, de l’univers habituel auquel “Big JON” nous convie d’ordinaire depuis maintenant plusieurs années. Avec bien plus de réussite qu’ici.


Clip 1: “Big Brother
Clip 2: “Can’t Get Away” (la réussite du disque).



mercredi 29 mars 2017

BORN HEALER " 'Til the Dawn" (2016), by Bruno


     Après les Black Crowes et un premier revival 70's, il semble y avoir depuis une petite poignée d'années un second souffle salvateur. Un vortex déclenché par les fabuleux Rival Sons et récemment soutenu par les prometteurs Blues Pills. Deux magnifiques combos qui sont comme une bouffée de chaleur régénérante, une bouée de sauvetage dans ce monde qui donne l'impression de sombrer dans la démence.

     Cependant, ces « Revival » ne seraient-ils pas finalement qu'une démarche commerciale ? Juste une décision prise en haut-lieu, décidant à un moment précis de médiatiser un genre plus qu'un autre. Juste pour renouveler le paysage musical avant que les masses ne se lassent d'elles-même et passent à autre chose. Et finissent par ne plus se fier à ce que l'on leur impose, à ce que l'on décrète comme bon ou mauvais.
Car, finalement, si l'on regarde bien, le Heavy-rock à la sauce 70's n'a jamais cessé d'être ?
C'est comme pour le Blues que l'on avait « redécouvert » dans les années 80 grâce à Stevie Ray Vaughan (et l'appui de sa maison de disque, et de quelques artistes influents), alors que la scène n'avait jamais cessée d'exister. Elle était même très vivace dans certaines villes des États-Unis où des clubs ne désemplissaient pas. Certes, ce n'était à la démesure des festivals rock tels que ceux de Reading, du Monster of Rock, du California Jam, du Volunteer Jam, mais elle existait et il y avait un large public demandeur.

     Bref, si on se penche sur le sujet, le Heavy-rock d'obédience 70's n'a jamais vraiment cessé d'exister. D'une façon ou d'une autre. D'ailleurs les groupes n'éclosent pas comme par magie du jour au lendemain ; ce n'est comme s'ils s'asseyaient dans un studio et se disaient : « Hé ! Les gars, et on s'y on la jouait 70's, style Led Zep, Uriah Heep, Mountain, Purple, ou Cactus ». 
Par contre, bon nombre de collectifs ont dû parfois faire des compromissions, afin de pouvoir surfer sur la vague qui pouvait les aider à être médiatiser et à vivre de leur musique. C'est l'exemple de Cinderella qui passé son premier opus, c'est révéler être un pur combo de Heavy-Rock Bluesy dont la racines plongeaient au plus profond des 70's. On pouvait donc en conclure que son « Night Songs » avait dû s’accoutrer de divers apparats pour se fondre dans le paysage en vogue, et être bancable. Une fois une notoriété acquise, le groupe put se séparer de ses costumes  et révéler sa vraie nature. 
D'autres, nettement plus opportunistes, changeaient plus ou moins de style afin de suivre le courant. Une fois que l'on a goûté au confort …
Derrière tout ça, il y a une certaine politique commerciale. Gérer et contrôler les tendances afin d'assouvir un public toujours avide de nouveautés. De garder son attention, et surtout de toujours trouver un moyen pour qu'il dépense son argent.
Dans ce jeu, l'artiste, le musicien devient un esclave. Il lui est très difficile de rester maître de son travail, de sa musique, de son intégrité. 
« … et pour qu'il ait l'opportunité de vivre pleinement et de manière gratifiante, il doit posséder le contrôle sur ce qu'il fait … même si cela s'avère économiquement moins efficace. »

     Aujourd'hui, les choses ont un peu évolué. Notamment grâce aux nombreux petits labels indépendants - dont même quelques uns sont parvenues, difficilement, à gagner une stature internationale - qui offrent la possibilité aux musiciens d'enregistrer leur musique sans leur imposer un cahier des charges. Mais aussi grâce grâce au net qui permet de découvrir des musiciens qui seraient restés coincés dans leur fief, dans leur trou, il y a encore pas plus d'une quinzaine d'années. A contrario, malheureusement, les concerts se font plus rares. Du moins dans les provinces françaises. C'est ainsi qu'aujourd'hui, en dépit d'un matraquage agressif des grands médias, un vrai bourrage de crâne pour imposer leurs diktats, il y a la possibilité de découvrir une flopée d'artistes en tous genres. Des artistes restés, autant que possible, libres, et qui peuvent espérer se faire connaître, offrir leur musique, voire d'en vivre (à condition de rester humble ...) sans devoir se compromettre. Vendre leur âme 😈.

     
     C'est ainsi qu'aujourd'hui, on découvre des quatre coins du monde une pléiade de groupes que l'on peut considérer comme issu de l'école des années 70, sur lesquels, les aspirations commerciales d'un label véreux n'ont pas eu prise. Que l'on a pas enfoncés dans un moule. Des groupes d'où émanent une certaine pureté.
Certains, évidemment, sont la réunion de jeunes âmes enthousiasmées par les derniers représentants du genre, ou même par la découverte d'anciennes gloires. D'autres, sont manifestement dans le circuit depuis un bon moment.

     Le groupe Londonien, Born Healer, est de la seconde catégorie. 
Leur physique trahit un certain âge. Visiblement, ce ne sont pas des jeunots de la dernière pluie qui auraient appris quelques notions de musique il y a peu. On imagine sans mal ces quatre personnes avoir roulé leur bosse dans diverses formations, foulé l'estrade de diverses petites scènes de clubs bas de plafond. Les rêves et des espoirs de leur jeunesse qui se sont progressivement étiolés au fur et à mesure que les premières rides arrivaient, que les cheveux et barbes s'éclaircissaient.  Le temps, impitoyable, est passé. Désormais, ils ne pourront jamais être des rock-stars adulées par des adolescents en mal de modèles, placardant leurs murs d'effigies de leurs idoles.
Toutefois, il est possible que cela n'ait jamais été leur moteur. Qu'ils n'en aint jamais eu cure de devenir des célébrités sur-médiatisées. De la reconnaissance bien probablement, mais pas nécessairement de l'adulation. Car au contraire de tous ceux qui sont là "Only for the money", eux sont toujours là. Preuve d'un réel amour de la musique.


Ian Black

     Preuve aussi que ce quatuor ne vient pas de s'improviser musicien. Ce qui implique une certaine maturité que l'on retrouve dans leur façon d'interpréter leur musique. En effet, plutôt que la déflagration sonique, la vitesse d’exécution, l'extériorisation de frustrations dans un déluge de décibels et de vocifération, la priorité est donnée au feeling.
Rien de percutant, ou de vraiment catchy, absolument rien d'agressif, juste du bon Heavy-blues-rock millésimé 70's. Première moitié. A l'image de la pochette, il plane sur ce disque une atmosphère feutrée, duveteuse même. Une ambiance "so british", d'un pub chaleureux ou d'un salon cossu, à l'abri d'un "climat de poulailler", où on peut déguster une bonne bière et se ressourcer.

     Une bonne bière ... oui, on pourrait aussi comparer ce " 'Til the Dawn" a une bonne bière fraîche. Une bière de qualité qui se déguste et s'apprécie. Une bière désaltérante et nourricière pouvant, l'instant d'un moment, faire oublier les tourments passés et à venir. Une boisson qui ne pas fournir l'ivresse mais simplement un bon et sain plaisir.

     "Pressure Valve" annonce d'entrée la couleur. La batterie swingue, caresserait presque sa caisse claire plutôt que de taper comme un sourd. La basse est groovy, ronde et veloutée, bien légèrement mixée en avant. Juste ce qu'il faut pour que son rythme indéfectible sont bien audible. La guitare, quant à elle, s'applique à laisser résonner ses accords, à les laisser respirer. Proche de l'école de Paul Kossof. Le dernier mouvement s'ouvre sur l'esprit festif des morceaux les plus enlevés des Rolling Stones d'avec Mick Taylor
Consistance et bonne tenue que l'on retrouve sur la pièce suivante : "Leaving Trunk". Chanson de Sleepy John Estes, mais dont la présente version est directement inspirée par celle de Taj Mahal, issue de son excellent premier disque. Celle-ci est moins rugueuse et est dépourvue d'harmonica mais ne manque pas pour autant d'attrait et de chaleur.


Helen Turner

     C'est en tout confiance que le combo attaque un slow-blues en troisième position. Pari risqué et beaucoup s'y sont cassés les dents. Généralement, on le garde pour clôturer une face ou un disque. Sinon, en avant-dernier, juste avant un truc nettement plus tonitruant. L'exercice n'est guère simple car il faut éviter le redondant et surtout y mettre du cœur. Et pourtant c'est réussi, notamment grâce au chant d'Helen Turner qui non seulement maîtrise son sujet mais le vit. Il y a un peu en elle de l'engagement d'une Maggie Bell et de l'émotivité d'une Mavis StapplesEt sur le Souful "Never Gone", on pourrait croire que Cyndi Lauper a été invité pour un duo.

     Les Slow-blues et autres ballades Souful sont un sujet qu'elle domine. Au contraire de la grande majorité des chanteuses, elle ne ressent pas le besoin de forcer sa voix, de feindre des hurlements stridents de souffrance. Encore moins de se compromettre avec ces effets de voix intempestifs, frisant le ridicule, qui parviennent même à gâcher les rares bons titres de r'n'b. C'est du bio, 100 % naturel, sans édulcorants rajoutés.

     On remarque que le guitariste, Ian Black, lorsqu'il joue un solo, reste immanquablement dans le rythme et la mélodie de la chanson. D'ailleurs, il ne triche pas. Il n'y a qu'une seule piste de guitare. Aucun overdub, même lors des soli et breaks. A l'instar de Kossof, mais aussi de Peter Green et de Leslie Harvey, son jeu, ses rythmiques sont construits autant sur des arpèges que sur des accords.

     Born Healer ressuscite l'esprit de ces groupes de Heavy-rock des années 70 qui, bien plus qu'avec le Hard-rock tel que nous le connaissons, avaient plus de points commun avec le Blues. Même si celui-ci est alourdi par des guitares, et des basses, au son plus gras et saturé. L'exacerbant parfois en se laissant emporter par les vibrations euphorisante de la musique.


Marek Funkas

"Brand New Day" porte même quelques réminiscences sixties, du Swinging London's Sound. Un peu de Mayall, de Chicken Shack, de Small Faces.
On retrouve aussi la référence des "Stones mouture Mick Taylor" sur "Healing Hand".

    N'ayant toujours peur de rien, le collectif ose terminer son premier essai sur le célèbre "Since I've Been Loving You" de qui vous savez (1). Cette fois-ci, l'interprétation est respectueuse. Et bien qu'elle ne concède aucune place, elle ne tombe pas dans la singerieIan Black est loin d'être ridicule, même sur les soli, avec notamment des bends maîtrisés et expressifs. Et comme toujours, il évite soigneusement d'en faire trop. Et Helen se montre particulièrement crédible. A croire qu'elle a appris à chanter en écoutant les ténors mâles du Heavy-rock des 70's. Robert Plant, mais probablement aussi Paul Rodgers, voire David Coverdale (d'avant l'ère permanente, d'avant John Sykes). On raconte même que Plant en personne serait voir le groupe sur scène (à moins que cela ne concerne que la précédente mouture du groupe, alors sous un autre nom, qui reprenait déjà cette pièce emblématique).

     Pas vraiment "Hard-Rock", aucunement même suivant les critères actuels, mais pas vraiment Blues non plus. Avec Born Healer on retrouve l'univers des Stone the Crows, Humble Pie, Mama Lion, Free, Hackensack, Keef Hartley BandBirtha. Et même de Rory Gallagher dont ils reprennent "A Million Miles Away" dans une version adoucie, feutrée, presque Souful, exacerbant sa facette mélodique. La transformant en une belle et douce ballade. Je pense que Rory aurait aimé cette version.

     Avant l'aventure Born Healer, Helen Turner et Ian Black et Andy Jones jouaient dans Bare Bones Boogie Band. Un précédent quatuor, auteur de trois disques, dont le dernier essai, "Tattered & Torn", reçut les honneurs de la presse ; et une de leurs chansons, "Wings", fut sélectionnée pour concourir au British Blues Award de 2013.
Les trois sus-nommés ont remonté un groupe sans pour autant changer de style, si ce n'est que la facette Heavy-rock paraît légèrement plus appuyée. Ils ont déniché pour nouveau bassiste un certain Marek Funkas. Un Polonais qui a déjà, lui aussi, pas mal roulé sa bosse dans divers groupe en Europe de l'Est.






(1) Et si vous ne savez pas c'est que soit vous êtes vraiment très jeune, soit vous avez été pris dans les glaces depuis les années 60. Ou alors vous un êtes un récent réfugié de la Corée-du-Nord, ou des lointaines montagnes du Boukhistan, 



🎶

mardi 28 mars 2017

JOHN MAYALL "Talk about that" 2016


Le temps semble ne pas avoir de prises sur lui, il y a 50 ans (!)  Mayall intronisait dans ses Bluesbreakers un gamin de 21 ans, un jeune gratteux surdoué nommé Eric Clapton, des dizaines d'autres musiciens feront leurs armes chez papy John au fil des décennies. Le grandfather of the british blues mérite aujourd'hui bien son surnom à 83 ans et voici un soixante deuxième  album  (si j'ai bien compté) enregistré en Californie. Peut être doit il sa longévité à son de hobby de collectionneur de films pornos,  dans ce cas notre ami Luc B  vivra centenaire...
Il est accompagné de son band depuis plusieurs albums, à savoir Rocky Athas aux guitares, Jay Davenport aux drums, Greg Rzab à la basse plus une section de cuivres (Ron Dziubla sax, Mark Pender trompette, Nick Lane trombone) et derrière les manettes le producteur Nick Corne, patron du label Forty below Records. Mayall multi instrumentistes s'occupant des claviers (orgue hammond et piano) plus quelques guitares, et bien sur harmonica et chant, il signe aussi 9 des 11 titres, les 3 autres étant des reprises de morceaux, de Bettye Crutcher (Memphis soul songwriter-"it's hard going up") et Jerry Lynn Williams (singer  & songwriter-"don't deny me") et du grand Jimmy Rogers ("goin' away baby").
Mais le petit plus est la présence  d'un invité de marque, un aigle venu poser sa griffe sur 2 titres, l'Eagles  Joe Walsh  qui réalise là un rêve: "C'était depuis les années 70 inscrit sur ma liste de choses à faire avant de mourir que de jouer avec John Mayall. John a eu les plus grands guitaristes anglais et d'autres avec ses BluesBreakers. Eric Clapton, Peter Green, Mick Taylor, je les ai tous étudié pendant des heures et cela m'a permis de devenir un meilleur guitariste. Ces albums étaient légendaires et j'ai toujours eu envie de travailler avec Mayall et voir ce que ça donnerait."

"Talk about that" qui ouvre nous montre un Mayall en forme, au chant assuré malgré les tempes blanchies sur ce blues où l'orgue est mis en avant; "It's hard going up" est plus énergique, bien soutenu par les cuivres et un piano sautillant. Mais voici Mr Joe Walsh qui débarque sur "The devil must be laughing" et il n'est pas venu pour rien puisqu'il balance sur ce mid tempo quelques jolis solos, un peu dans la veine d'un Albert King. Chargement de style avec "Gimme some that gumbo", New Orleans festif où les cuivres se déchaînent et où Rocky Athas montre qu'il n'est pas qu'un faire valoir à la guitare. Sur "Goin' away baby" John son instrument fétiche, l'harmonica  pour un petit festival comme il en fait régulièrement sur chaque album ou sur scène. Mais revoici Joe Walsh qui nous la joue cartes sur table avec "Cards on the table" blues rock bien enlevé avec cerise sur le gâteau la slide  bien crémeuse de l'ex Eagles; pour moi le gros titre de l'album. "Blues lent avec "I didn't mean to hurt you",  blues texan avec cuivres sur "Don't deny you", beat funky sur  "Blue midnight", Rythm'n'blues blues avec cuivres et harmo pour "Across the county line" qui rappelera aux fans les tout premiers Mayall et on termine avec "You never know" et son piano jazzy.

Je garde une tendresse particulière  pour Mayall car il m'a fait découvrir et aimer  le  blues ainsi qu'à des tas d'autres petits blancs becs européens (et aussi  à des américains qui se sont repenchés sur leurs bluesmen oubliés) et éveillé bien des vocations, de  musiciens bien sur mais aussi de modestes chroniqueurs  comme votre serviteur...Bien sur il ne faut pas chercher à comparer un vieil homme de 83 ans et le fougueux musicien chevelu des seventies mais ça fait plaisir de constater que ce monument est toujours debout  et que ma foi il produit encore des albums de qualité.
Long life blues! Long life Grandpapa John !

ROCKIN-JL


à lire aussi sur Mayall: John Mayall plays John Mayall
et John Mayall - a special life


lundi 27 mars 2017

RIP JOHN WETTON (12/06/1949 - 31/01/2017)



Encore un géant qui disparait...

Et oui, la série noire continue avec le décès de John Wetton.
Le légendaire bassiste/chanteur a finalement perdu son combat contre cette saloperie de cancer contre lequel il se battait depuis plusieurs mois.
"John Wetton, qui n'avait pas replongé dans l'alcoolisme depuis dix ans, est mort dans le sud de l'Angleterre dans son sommeil, de complications générées par un cancer du colon" ont précisé ses proches dans un communiqué.
Après avoir grandi à Bournemouth, John Wetton débute sa carrière à la fin des années 60 dans des petits groupes locaux avant d’intégrer son premier groupe professionnel MOGUL THRASH en 1971. La formation se dissout après la sortie de leur premier (et dernier) album. Après avoir brièvement travaillé avec le groupe de rock progressif RENAISSANCEJohn Wetton rejoint alors Roger Chapman au sein de FAMILY. Sous employé et ne pouvant pas intervenir dans la direction musicale du groupe, John Wetton accepte la proposition de Robert Fripp pour intégrer la nouvelle formule de KING CRIMSON.

Bill Bruford, Robert Fripp &John Wetton  avec KING CRIMSON époque "Red".
KING CRIMSON, avec John Wetton, nous offrent 3 albums somptueux ("Lark's Tongue In Aspic", "Starless And Bible Black" et "Red"). Le bassiste/chanteur nous montre enfin toute l’étendue de son talent, un son de basse inimitable et surtout une voix si particulière, chaude et captivante.
 Malheureusement, Robert Fripp dissout le groupe avant la tournée et John Wetton rejoint URIAH HEEP. Avec les hardeux anglais, il enregistre 2 albums, "Return To Fantasy" (1975) et "High And Mighty" (1976).  Pendant ce bref séjour chez URIAH HEEP, Wetton co-écrit 2 chansons, mais chante très peu.
A la même époque, il dépanne son pote Brian Ferry en assurant la basse pendant quelques concerts de ROXY MUSIC et apparait sur 5 titres de l'album live "Viva !" qui sort en 1976.
En septembre 1976, John Wetton et Bill Bruford contacte Rick Wakeman pour monter un nouveau groupe, mais le projet ne voit jamais le jour. Finalement, Wetton ramène Eddie Jobson (violon, clavier) croisé chez ROXY MUSIC et Bruford recrute le fabuleux guitariste Allan Holdsworth (SOFT MACHINE, GONG) pour une aventure baptisée UK. Cette formation dure 3 ans et nous laisse 3 albums (2 studio et 1 live) dont le fabuleux 1er LP tout simplement intitulé "UK" (mars 1978).
Les divergences musicales auront raison du groupe qui se sépare au début de l'année 1980 après une dernière tournée européenne. 
JOHN WETTON entre dans les années 80 en publiant enfin son 1er album solo "Caught In The Crossfire" (1980), une petite parenthèse avant le grand départ vers le succès.
Après une brève collaboration avec WISHBONE ASH pour l'album "Number The Brave", on retrouve JW chez les lorrains du groupe ATOLL. Il leur offre le morceau "Here Comes The Feeling" que l'on retrouvera quelques mois plus tard sur le 1er ASIA.
C'est John Kalodner, le découvreur de talents de Geffen Records, qui a l'idée juteuse de réunir John Wetton (basse), Steve Howe (YES), Carl Palmer (ELP) et Geoffrey Downes (claviers) pour former ce qui deviendra l'un des premiers "supergroupe" des années 80 : ASIA.
Pour la presse musicale de l'époque, ASIA est un groupe de dinosaures et ils sont descendus en flèche avant même d'avoir jouer la moindre note !!! Peu importe, JOHN WETTON voit le 1er album de son groupe caracoler en tête des ventes de l'année 1982 et se dit que c'est bien mérité.
Les années dorées avec ASIA (de G à D : S.Howe, C. Palmer, J. Wetton et G. Downes)
La suite n'égalera jamais cet exploit et ce n'est pas la valse des musiciens qui arrangera les affaires du groupe, bien au contraire. Même la reformation d'ASIA en 2007 n'arrivera pas à retrouver la magie et la spontanéité de ces moments perdus à jamais et comme le dit si bien la chanson "Heat Of The Moment", tout a été saisi dans le feu de l'action...
Après 3 albums studio, JOHN WETTON quitte ASIA et petit à petit, sombre dans l’alcool. 
Après une sérieuse traversée du désert dans les années 90, il réapparait de temps en temps pour une collaboration ou un album solo "Battlelines" (1994), puis "Arkangel" (1997), mais ses albums n’intéressent plus grand monde et ne sont pas vraiment indispensables.
Mais JOHN WETTON retrouve le moral et se lance dans de nombreuses tournées, seul ou avec son groupe et publie une bonne quinzaine d'albums live en 10 ans. Je vous conseille particulièrement "Amata - Live In Poland" (2004) et "Akustika - Live in America" (1996), un album intimiste et très beau.
Il retrouve son vieux compère Geoff Downes pour le projet "ICON" qui donnera naissance à 3 albums entre 2005 et 2009. JOHN WETTON pendant cette période retrouve sa flamme de compositeur et se dit que ce serait peut être le bon moment de reformer ASIA
Le groupe renait de ces cendres avec la formation mythique (Wetton, Downes, Palmer, Howe) en publiant tout d'abord "Phoenix" en 2008, puis "Omega" (2010), "XXX" (2012) et "Gravitas" (2014) sans Steve Howe, remplacé par le jeunot Sam Coulson
L'album "XXX" est très bon, les autres sont très moyens.
Évidemment, il m'est impossible de vous énumérer toutes ses collaborations et tous les projets auxquels cet immense bassiste à participé. Je vous indiquerez uniquement ceux qui valent le détour (enfin, à mon avis). 
Tout d'abord "Phenomena II" (1993), dans lequel il chante le titre "Did It All For Love". Ensuite, je citerai "The Tokyo Tapes" (1998) avec Steve Hackett. Puis, je pourrai également vous conseiller "Wetton/Manzanera" (1987), le live avec Ken Hensley "One Way Or Another (2003) et toujours avec Steve Hacket les 2 volumes "Genesis Revisited" (1997 & 2012).
Alors que le groupe préparait une tournée de 4 mois avec JOURNEY, JOHN WETTON subit une sérieuse opération chirurgicale et débute un lourd traitement de chimiothérapie. Malgré de sérieux espoirs de guérison, c'est finalement le cancer qui aura le dernier mot, le 31 janvier dernier.
Putain, ça me fout les boules !!! Il ne me reste plus qu'à écouter "The Smile Has Left Your Eyes" et "Only Time Will Tell" en ton hommage, mon vieux John....
 
Rest in Peace, John.