vendredi 9 juillet 2010

AVATAR de James Cameron (2009) par Luc B.


Douze ans séparent TITANIC de ce film. Il aura fallu à James Cameron ces douze années pour pouvoir réaliser son rêve, produire le film qui allait révolutionner le Cinéma.

La révolution s'appelle « performance capture » et consiste à reproduire les mouvements du corps ou du visage, et les appliquer à des personnages virtuels, grâce à des capteurs et mini caméra placées un peu partout sur le comédien. D'où, une fluidité de mouvement, des déplacements naturels, élégants, des expressions de visages très humaines de la part des créatures Na'vis, ces extraterrestres bleus de trois mètres de haut, habitants de la planète Pandora. Ajouter à ceci la technique 3D, et vous obtenez visuellement, un résultat bluffant, d'une netteté incroyable. On reste épaté par les tableaux de bords des hélicoptères, transparents, les écrans d'ordinateur, ainsi que par toutes les créatures qui peuplent la planète Pandora, mention spéciale aux petites méduses volantes, délicates, fragiles, qui semblent voler devant nos yeux.

Toute cette puissante technologie, nous permet-elle d’entrevoir un monde high-tech, où l’homme et la machine pourraient vivre ensemble ? Est ce que Cameron propose un autre modèle de société, d'organisation sociale ? Paradoxalement, le message est l’inverse de la démesure technique utilisée pour le tournage. C'est là que le bât blesse, James Cameron n'a pas grand chose à nous raconter. Les thèmes développés sont ceux de 75% des westerns.

Mais bon, pourquoi pas. Partons du principe que Cameron voulait avant tout réaliser un divertissement, davantage qu’un film à thèse. Mais là encore, j’objecterai que l’ensemble manque de rebondissements, d’invention. On apprend que d'autres tribus Na'vis vivent sur cette planète. Pourquoi en parler, sans les intégrer au récit, via des rivalités de clans ? En 2h40, Cameron avait le temps d'étoffer l'aventure, des intrigues secondaires. On pense déceler de la jalousie chez certains, on espère que Cameron va creuser, développer, saisir des pistes. Mais non. La première heure est pourtant encourageante, avec cette voix off, ce Jake désabusé, tête dure, tout fou une fois en avatar. Mais son insolence disparaît bien vite. Et Grace, clope au bec dès la première réplique, aussi. Le chef de la mission, cynique, corrompu, un salaud comme on les aime… et finalement bien fade. Cameron se contente de dérouler son histoire, avec savoir-faire certes, mais sans surprise, et de saupoudrer le tout d’une bonne couche de mystique écolo new-age.


Cameron renvoie à un certain nombre de classiques du cinéma, comme APOCALYSPE NOW (avec le colonel droit dans ses bottes, caricatural à souhait, ou la charge d'hélicos, d'ailleurs baptisée opération Walkyrie), le mythe du bon sauvage, le récit d'initiation dans la jungle hostile renvoie à TARZAN L'HOMME SINGE, comme la charge des dinosaures, et Sigourney Weaver nous renvoie évidemment à ALIENS (le combat final dans le cockpit robot) ou on pense à OUTLAWS. James Horner signe une musique envahissante, pompeuse, et insupportable, et il se pastiche lui-même sur le thème final, qui nous rappelle furieusement "My heart will machin" de Céline Truc.

Les documentalistes du Déblocnot' ont retrouvé la première version du film AVATAR. Pourquoi ne pas en être resté là ?


AVATAR film révolutionnaire ? Mis à part le procédé de captation des mouvements, le film n'innove pas vraiment, ni dans sa construction, ni dans sa mise en scène, ni dans son propos. Pour la production de jeux vidéo, dont on sait, avec les produits dérivés, qu'ils rapportent davantage qu'un film, oui. Les caméras utilisées par Cameron peuvent trôner dans notre salon d'ici peu, et permettre aux joueurs d'entrer littéralement dans leurs téléviseurs. AVATAR fait davantage penser à un produit d’appel, une démonstration technologique. Il doit toucher chaque population, rapporter plus que sa mise de départ, et donc offrir une pensée assimilable par tous.



AVATAR (2009)
écrit, produit et réalisé par James Cameron.
Avec : Sam Worthington, Sigourney Weaver, Michelle Rodriguez, Zoé Zaldana.
2h40 (1er version) 1/2:35 - couleur - 3D en salle.

5 commentaires:

  1. Qu'espérer de Cameron sinon, des trucs impressionnants et un peu (beaucoup ?) mous du bulbe ?...
    Ceci, c'est joli-mignon tout plein !
    (Le post que j'avais mis sur Amazon avait un peu secoué, houloula !)

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  2. Et tout à fait d'accord, seule la 1ère version mérite toute notre attention, il y a du souffle épique, pas l'asthme chronique des 2h40 de la version 2.0

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  3. Bien, les enfants!
    Voici l'exercice du jour : comparez et expliquez les ressemblances entre l'univers d'Avatar (2009), film le plus rentable de l'histoire du cinéma, et celui de Delgo (2008), film d'animation le moins rentable de l'histoire du cinéma.
    http://www.youtube.com/watch?v=VJ_pLtUJQV0
    Foxy Lady ramassera les copies dans une heure.

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  4. en attendant mr cameron, même s'il dément, peut dire merci à roger dean pour les décors

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  5. Tout à fait Christian. Il y a d'ailleurs une polémique (à mon avis fondée) à ce sujet. Et la faune est également concernée.
    Ce qui ne m'empêche nullement d'adorer ce film (je m'étais déjà exprimé à ce sujet, sur un autre site).

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