mercredi 3 novembre 2010

ARC ANGELS - " Arc Angels " (1992) par Bruno


Blues-Rock racé avec le fameux Double Trouble

En 1992, Tommy Shannon (casquette vissée sur la tête) & Chris Layton, la section rythmique de feu Stevie Ray Vaughan, décident de remettre le couvert avec l'aide de deux jeunes prodiges Texans (24 ans en 1992), certainement parmi les plus prometteurs. Il s'agit de Charlie Sexton (le droitier), auteur à 16 ans d'un très bon disque de rock US aux senteurs pop (Pictures For Pleasure) qui bénéficia des louanges des critiques, et des faveurs du public. Il joua pour Clapton, Jimmy Barnes, Don Henley, Lucinda Williams, mais il est surtout connu pour avoir accompagné Bob Dylan (99 à 2003 et 2009). Et de Doyle Bramhall II (le gaucher), fils de Doyle Bramhall, (chanteur, batteur, compositeur et amis des frères Vaughan - Stevie reprendra certaines de ses compositions), qui réalisera un phénoménal disque de Blues-rock explosif, gras et viscéral (Welcome). http://ledeblocnot.blogspot.com/2010/08/doyle-bramhall-ii-smokestack-welcome.html


Doyle, dès ses 16 ans, accompagna en tournée les Fabulous Thunderbirds, en tant que 2sd guitariste, Roger Waters dans les 90's, et joue actuellement avec Eric Clapton. Cette paire de bretteurs officie ensemble à la guitare et au chant, opérant une réelle symbiose, ne jouant, non pas à l'unisson, mais deux parties distinctes et pourtant indissociables : les guitares s'imbriquent l'une à l'autre pour générer un bel éventail de « couleurs sonores » (de la Fender, de la Gibson, de la Grestch, de la Wah-wah, de l'ampli lampes crunchy, du Fender Vibrolux, de la réverbe vintage, de l'Univibe, de la slide). En prenant soin d'éviter tout débordement intempestif. De même que les voix de Doyle et Charlie, différentes mais proches et se mariant bien (rappelant quelque peu, avec toutefois bien moins de mordant, le tandem Marriott - Frampton). Sur certaines chansons les deux chanteurs permutent d'une phrase à l'autre, sur d'autres d'un couplet à l'autre, sur d'autres encore c'est le compositeur qui s'octroie la place de chanteur principal. Une osmose donc cimentée par « Double Trouble », le fameux duo de rythmiciens, que bon nombres de musiciens Rock ou Blues se sont arrachés pour avoir le privilège de jouer avec eux, arborant souvent, avec fierté, leur nom sur les crédits de leur album, tel un gage de qualité, un trophée.


La musique d'Arc Angels est donc bien naturellement et majoritairement d'obédience Blues-Rock Texan. Cependant sans se reposer uniquement sur des shuffles, car même si l'on retrouve ici ou là des réminiscences des frères Vaughan, ce Blues-Rock sort des schémas classiques, grâce à une riche palette offrant des couleurs Soul, Rythm'n'Blues, Heavy-Funk, Stonnienes, Rock US (celui des Seger, Springsteen, Mitch Ryder, Mellecamp), avec une très fine couche Pop (celle des 70's). Par certains côté, cet opus préfigure certaines compositions rock de Neal Casal, mais aussi le disque « Magnolia » de Screamin' Cheetah Wheelies.

Hélas, ce fut l'unique album réalisé avant que le groupe ne se sépare en 94. Au sujet de la rupture, Bramhall avouera plus tard avoir une grande part de responsabilité (par faute notamment de problèmes de dépendance).


Un magnifique disque de Blues-rock ouvragé et original, qui a gardé 17 ans après, toute sa fraîcheur. Une écoute attentive au casque permet de découvrir toute la richesse de ce blues-rock racé. Mais est-ce bien encore du Blues-Rock ?


Durant les années 2000, le groupe se réunissait périodiquement pour faire quelques concerts. On peut en voir quelques extrait sur le net.

Tout récemment, Arc Angels s'est à nouveau récemment reformé (sans Shannon), concrétisant cette fois-ci l'évènement par un CD/DVD (Living in a dream), comportant l'intégralité de l'album éponyme en live, agrémenté de 3 nouvelles compositions, et d'une reprise de Paul McCartney (Too many people). On a parlé un moment, de travail en studio, pour du matériel neuf. On espérait un nouvel opus, mais il semblerait, en définitive, que cela ce soit réduit à ces trois chansons.


P.S. : La production est de Little Steven, et Tonio K a contribué à certaines chansons. On retrouve aussi Ian McLagan au piano et au B3.


  1. Living in a dream - 4,53
  2. Paradise Café - 5,14
  3. Sent by Angels - 5,44
  4. Sweet Nadine - 4,31
  5. Good Time - 4,46
  6. See what tomorrow brings - 6,26
  7. Always believed in you - 4,54
  8. The famous Jane - 4,30
  9. Spanish Moon - 5,47
  10. Carry me on - 4,08
  11. Shape I'm in - 4,07
  12. Too many ways to fall - 5,52
    Total : 60,57








Un titre signé Bramhall, Bramhall II & Marc Benno (ça respire le blues-rock estampillé SRV,et pour cause, Bramhall-père composa quelques uns de ses titres et non des moindres, quant à Benno, il accueillit, lorsqu'il jouait avec ses Nightcrawlers, aux débuts des 70's, un jeunot qui s'appelait Stevie Vaughan)

3 commentaires:

  1. Rien que la pochette donne envie. C'est un peu limite, je sais.

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  2. J'ai lu avec intérêt ta chronique et me suis dis que je pouvais te faire confiance, la découverte de "Indigenous" c'est grâce à toi!donc j'ai fait l'acquisition de cet opus et dans la foulée du live "Living in a Dream", qui soit dit en passant n'est pas un cd/dvd, mais un double cd, mais ce n'est qu'un détail! car pour une surprise, c'est une belle surprise! Tout celà est excellent! j'étais un peu méfiant quand même, car je n'apprécie que très modérément Doyle Bramhamll, son jeu ne m'a jamais enthousiasmé, quant'a Charlie Sexton pas de problème, je connais le bonhomme depuis la BO de "Thelma et Louise" sur laquelle il expédiait vitesse grand V deux titres dont le "Tennesse Plates" de John Hiatt! Mais là les deux réunis!Grand groupe pas vraiment du rock-blues texan comme tu le dis même si par moments...Tout celà me fais penser à un autre groupe texan, occasionnel lui aussi, "Storyville" mené par deux guitaristes David Holt et surtout David Grissom et soutenu par la rythmique "Double Trouble"! Sont partout ces deux là!
    2 cd studio et 1 live (2cd/1dvd) "live at Antone's" que je te recommande chaudement! Comme Arcangels leur style dépasse largement les carcans du blues-rock texans. Donc longue vie au Deblocnot' qui nous fait découvrir de telles perles!!! Amicalement

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  3. Oui, Storyville, tu as tout à fait raison.
    Il y a deux formats de "Living in a dream" : le CD, et le CD/DVD (disponibles sur leur site).
    Je ne savais Sexton avait participé à la BO de "Thelma & Louise".

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