lundi 30 avril 2012

BAD COMPANY - "Burnin' Sky" - (1977) par Philou



L'orage gronde.....


La "Mauvaise Compagnie" se met au vert pendant quelques temps afin de peaufiner son nouveau disque "Burnin' Sky" qui sort le 3 mars 1977, en pleine explosion Punk.
Le nouvel album, toujours auto-produit, a été enregistré en juillet et aout 1976 au Château d'Hérouville, à 30 Km de Paris, dans le Val d’Oise, un endroit mythique qui a vu passé un paquet d'artistes plus prestigieux les uns que les autres ( Pink Floyd, Canned Heat, Grateful Dead, Cat Stevens, Jethro Tull, David Bowie, Iggy Pop, Marvin Gaye, Elton John, Fleetwood Mac, Iggy Pop, Rod Stewart, T-Rex...etc ).
Ce nouvel album marque un net changement d'orientation musicale. En effet, il déroute quelque peu les fans du groupe, en proposant une musique moins brute, moins spontanée, moins directe. La pochette est superbe et Paul Rodgers étonne par son nouveau look : il s'est coupé les cheveux (un effet de la vague punk ? ) et arbore fièrement un kimono !!!
Alors, c'est sûr, lorsque que l'on s'est fait une certaine image de Bad Company suite à son premier et admirable album ( lire la chronique de ce chef d’œuvre  ici : Bad Co ), on a un peu de mal à suivre lorsque le navire change de cap.

BAD CO 1977 : Mick Ralphs, Paul Rodgers, Simon Kirke & Boz Burrell

Bon, Paul Rodgers est bien l'un des tous meilleurs chanteurs de l'histoire du rock, Mick Ralphs un guitariste discret mais efficace, Boz Burrell un bassiste précis, appliqué et Simon Kirke, un redoutable métronome qui donnera le tempo à tout une génération de batteur, mais cet album reste en dessous des espérances attendues et n'atteint pas le niveau (exceptionnel) des 3 premiers albums.

L'album commence dans un style classique Bad Co avec un fracas de tonnerre qui annonce le début de la 1ère chanson "Burnin' Sky". Un très bon titre (le meilleur du disque) qui peut rivaliser sans problème avec les meilleurs morceaux des deux premiers albums et sur lequel Paul Rodgers fait des prouesses vocales hors du commun
"Morning Sun" est une ballade psyché-folk, qui nous ramène à l'époque de Free, un morceau très (baba) cool écrit par Paul Rodgers.

Bad Company Live


Le style typique Bad Co revient sur "Leaving You", un rock mid-tempo assez lourd, bien appuyé par une rythmique en béton et sur lequel Mick Ralphs nous gratifie d'un très beau solo de guitare. "Like Water" sonne également très Free, ce qui n'est pas surprenant étant donné que Rodgers l'a co-écrit avec sa femme Machiko Shimizu pendant ces années passées avec le regretté Paul Kossoff. Ce titre était destiné à se retrouver sur l'album de son nouveau groupe Peace qui n'enregistrera finalement que 5 chansons en studio au cours de son existence éphémère. On retrouve la version originale sur une compilation de Free : le coffret "Songs Of Yesterday".
Après un bref intermède avec l'étrange "Knapsack", une version (comique ?) de l'ancienne chanson folklorique allemande "The Happy Wanderer", le groupe nous propose "Everything I Need", un titre très typé rock années 60, avec un passage parlé de Paul Rodgers assez marrant où il se la joue crooner un peu ringard. La chanson est signée par les 4 membres du groupe et doit être perçue comme un amusement, une p'tite récré au milieu de l'album.
Boz Burrell assure une ligne de basse vraiment funky sur le percutant "Heartbeat" avant la ballade au piano écrite par Simon Kirke "Peace Of Mind" qui reste un grand moment d'émotion de l'album. Le morceau suivant, "Passing Time" est une nouvelle ballade, le péché mignon du gars Paulo, je ne lui en veut pas, la mélodie est sublime et j’émettrai un seul reproche : 2 minutes et 36 secondes, c'est trop court !
Les choses sérieuses reprennent avec "Too Bad", un bon vieux rock lourd et percutant écrit par Mick Ralphs mais crédité à tort à Paul Rodgers. Une autre composition de Ralphs,"Man Needs Woman" maintient le rythme élevé pendant près de 4 minutes avant que l'album ne se termine en queue de poisson avec l'étrange "Master Of Ceremony", un titre fleuve de plus de 7 minutes qui mélange curieusement le funk, le jazz et le blues.

"Burnin' Sky" n'obtiendra pas le succès des 3 albums précédents et les critiques de rock qui les avaient encensé auparavant, commenceront à retourner leurs vestes. Il reste malgré tout, un album tout à fait respectable et de toute façon toute personne qui dira du mal de Paul Rodgers & Co se verra sur le champ, rayé de la liste des membres du Déblocnot'....
 
Malheureusement la lassitude va s'installer de plus en plus dans le groupe et il faudra deux longues années pour écouter le nouvel album "Desolation Angels" qui marquera un rapprochement sensible vers des contrées qu'explore déjà Foreigner.
En 1982, "Rough Diamonds" arrive dans les bacs, mais la rupture est proche et les quatre musiciens commencent à s'occuper d'autres projets. Le split ne sera jamais annoncé officiellement mais le ralentissement progressif de ses activités sonnera le glas de ce groupe magique, curieusement sous estimé en France (mais ça c'est pas nouveau !).

Un merveilleux souvenir pour tous ceux qui ont connu cette époque bénie où seuls les bons groupes faisaient la loi sur la planète musique...






"Burnin' Sky" millésime 1977, du tout bon Bad Co !!!




La même en Live en 2010, 33 ans plus tard.....avec un Paul Rodgers à plus de 60 balais, toujours heureux d'être sur scène !!!


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