jeudi 12 avril 2012

LAURENT ZERAT "ROUTE 55" (2012) + l'interview, par Rockin-jl


LA CHRONIQUE, ON THE ROAD (55) AGAIN:

C'est un personnage atypique et attachant comme nous les aimons au Deblocnot  qui est notre invité aujourd'hui, Laurent Zerat dit "Le Doc", qui vient à 55 ans de sortir son premier album intitulé "Route 55". Clin d'œil à la fameuse "Road 66" et aux grands espaces ainsi que l'illustre  la belle jaquette. Philou après une première écoute m'a dit "on sent le passionné qui s'est fait plaisir" , c'est tout à fait ça; alors même si tout n'est pas parfait, mais  nous y reviendrons, la démarche inspire le respect et mérite toute notre attention.  
On continue en musique avec la plage 2 , "no connection" :









Fan de rock, notre ami a mis sa gratte au placard  le temps de faire sa médecine et de devenir un spécialiste reconnu, mais le virus demeurait en lui et contre ce virus là la science est – heureusement - impuissante. Mais le Doc qui est là avec nous en studio nous en dira plus tout à l'heure. C'est un genre peu abordé en France qui donne la couleur dominante de cet album, le West Coast et ses figures de proue, Steely Dan, Doobie Brothers, Firefall, Eagles, Bill Labounty, un "soft" rock  qui incite à la flânerie, à rouler peinard en voiture décapotable sur les Highway, cheveux au vent, la main sur les cuisses d'une belle brune (ou d'un beau brun pour nos lectrices..)...


On ressortira quelques titres comme  "My rock'n'roll band" et "Rock the Doc" , titres rock voire blues rock énergiques et autobiographiques (avec ce slogan définitif "we need, rock, love and the doc" , YEAH!), mais mon titre préféré sera "Jimi, Jim & John", hommage aux 3 icônes du rock des seventies, avec sa belle guitare qui sonne laid back à la JJ Cale et ses paroles un rien désenchantées ("Jimi Jim & John, you left a long time ago/  How do you feel in heaven /(..) We don't give peace a chance"). Un grand titre, rien que pour pondre un titre pareil ça valait le coup de se lancer Doc!.  "No connection" et "Daydream"  sont également très agréables, ambiance cool, ce qui n'exclut pas de gros riffs et de belles envolées de guitares. "Do you know", "I hate" et "Back to Gozo"proposent un beat plus chaloupé, disco/funky avec de petites touches latino à la Santana (comme les percussions de "Do you know") mais toujours parsemés de guitares aériennes au son West Coast (voir le final de "Back to Gozo"). Les deux titres en français sont dans la même lignée musicale mais dénotent un peu dans l'ambiance californienne  du disque à mon sens, mais ne sont pas inintéressants; dans "Tous beaux tous bons" le Doc sort les griffes ou plutôt son scalpel alors que "Arretez de cloper" sera peut être la future bande son de la prochaine campagne anti tabac.. . Seule reprise, "long time gone", il n'est pas évident de reprendre du Crosby Still& Nash, mais notre Doc s'en tire très bien et c'est un des morceaux de choix de l'album.


Comme je le disais en intro, tout n'est pas parfait (heureusement! Rome ne s'est pas faite en un jour!), donc, pour être tatillon, la voix manque encore un peu d'assurance par moment (mais avouons qu'il n'est pas facile de se mesurer à des pointures comme Crosby Still & Nash, Donald Fagen (Steely Dan) ou Michael McDonald et Tom Johnston des Doobie Brothers). On aimerait parfois que le band lâche un peu plus les chevaux mais globalement c'est vraiment une belle réussite, pleine de beaux rythmes, de climats variés et surtout de belles guitares. De plus, et ça c'est un signe de qualité pour moi, le disque se bonifie au fil des écoutes et certains titres qui m'avaient initialement moins accroché se révèlent finalement plein de (bonnes) surprises.
 C'est un beau voyage sur cette  Road 55 que nous a offert là Laurent, dont le plaisir de jouer est palpable et contagieux. Puisse t’il faire la même carrière que deux illustres confrères, Dr John et Dr Feelgood...

Pour se procurer l'album, aller sur le site de Laurent  ou nous contacter, on fera suivre.Il est également en téléchargement sur la plupart des plateformes.





Mais tournons nous  maintenant vers Laurent pour en savoir plus..

L'INTERVIEW:

1)   Bonjour Laurent et merci d'être avec nous. Extrait de "my rock n roll band": "I wanna tell you the story of a child who was dreamin a rock n roll life/ his father used to say every day: you'll be a doctor son" ; ça sent le vécu, c'est toi? Tu as réalisé un vieux rêve en réalisant cet album?
JL déjà cela me fait plaisir que tu comprennes le texte car j'ai choisi de chanter surtout en anglais en sachant que certains ne comprendraient pas les paroles et je suis heureux quand on comprend les messages. Je ne conçois pas, pour le moment en tous les cas, de composer une musique sans écrire les textes car, dans ma conception, une chanson est un tout.
Oui c'est autobiographique comme beaucoup de textes dans cet album ROUTE 55 que je sors pour mes 55 ans. Je voulais  faire de la musique quand j'étais ado et la sagesse a voulu que je sois médecin.
Je suis heureux de pouvoir réaliser mon rêve de jeunesse de faire de la musique, la musique que j'aime et j'y met tous les jours beaucoup d’énergie.   


Louis Bertignac
 2) J'ai lu dans ta bio que tu avais formé un groupe de jeunesse avec Bertignac? Peux tu nous raconter un peu ça? Et qu'est ce que vous jouiez?
Oui, cela a été et restera un grand souvenir. J’ai rencontré Louis Bertignac sur une plage de Trouville.  J'avais 17 ans et il en avait 18. Il jouait de la guitare comme un Dieu, tous les standards de rock et folk anglo-saxonne de l’époque : Hendrix, les Stones, les Who, Crosby, Stills, Nash and Young, la liste est longue, et il chantait. On ne pouvait que rester assis à l'écouter autour de lui.
Je jouais quelques accords de gratte à cette époque et je lui ai proposé de monter un groupe. Je me rappelle qu'il m'a dit " Ok mais tu ne jouera pas de gratte, mets toi à la basse" chose que j'ai accepté tout de suite. En rentrant à Paris on a formé un groupe (il jouait déjà dans plusieurs formations) et on a joué plusieurs fois dans une boite Rue Pierre Charron, une boite ouverte les samedi et dimanche après-midi.
On jouait des reprises rock  des  Stones, Hendrix, Santana...
Je me rappelle du premier concert, du premier cachet et du restau qu'on s’ était fait tous les 4 avec l'argent que nous avez donné le patron de la boite. On avait entassé tous les instruments de musique dans la 4L fourgonnette de Louis et on avait filer se taper un couscous au restau en dépensant toute la somme. Je m'en rappelle comme si c'était hier.
Chez Louis, il avait un ampli Vox AC 30 et une Fender Stratocaster. Je me rappelle qu'à cette époque où je le voyais assez souvent, il me disait qu'il était arrivé au bout de ce qu'il pouvait faire à la guitare, il en avait marre des reprises. Après 6 mois, j'ai eu mon bac et je me suis inscrit à la fac de médecine et lui m'a dit "Je décide de passer professionnel".
J'étais en 2ème année de médecine quand il cartonnait avec Téléphone et faisait le bœuf avec les Stones 
Je n'ai jamais vraiment revu Louis depuis cette époque. On a du se croiser une ou deux fois mais il ne m'a pas reconnu. Je sais qu'il se rappelle de moi. On est "ami" sur facebook alors c'est déjà ENORME!!! J’avais une très grande estime pour lui et je l’ai encore même si je n’ai jamais vraiment aimé le son de Téléphone. Je n’ai jamais acheté un disque de Téléphone. J’étais content de sa réussite car il la méritait bien. C’était pour moi le meilleur du groupe avec le batteur. 


3)   Quel a été le déclic qui t'a fait vraiment prendre le chemin du studio? J'ai lu quelque part que c'est ton ami Florent Pagny qui t'avait poussé à te lancer, c'est vrai?
Non, Florent m'a fait découvrir les joies de la scène,  la grande scène, puisqu'il m'a invité en 2003 à l'accompagner sur un titre pendant 17 soirs à l'Olympia. J'ai vécu un rêve incroyable. J’avais l'impression de me retrouver en vacances dans un hôtel avec plein de potes. On se retrouvait pour diner au catering. J’avais ma loge, la numéro 5, près du bar. J’arrivais le premier et je partais le dernier. J’ai fait la fête tous les soirs dans ma loge et c'était l'idée que je me représentais de la musique. Florent vivait ça de manière très professionnelle et restait tranquille dans sa loge. J’ai appris ce qu’était le professionnalisme dans la musique et la rigueur car Florent en a une grande. Il commence toujours pile à l’heure et ne fais jamais attendre son public. Après le concert il bavarde un peu et rentre vite se reposer. C’est un grand ami qui m’a fait un cadeau immense. Je n’avais alors que 3 ans de guitare. Je me suis régalé. J’interprétais à la guitare « Chanter ». Nous étions seul pendant l’intro et le premier couplet. J’ai joué 17 soirs et j’ai joué une intro différente les 17 soirs et Florent, les musiciens et les techniciens se demandaient à chaque ce que j’allais faire. J’ai raté une fois l’intro, j’ai ripé sur le manche et cela a sorti un truc vraiment bizarre. On a arrêté, on s’est marré et Florent a dit  « Bon, il a le trac, on la refait » et ça s’est très bien passé. Le public a adoré la star qui invite son pote docteur fou de guitare sur la scène de l’Olympia. 

 Ensuite, tout ce que j'ai entrepris, je l'ai entrepris seul, sans piston.  Personne ne m'a aidé, à part des gens qui aiment le personnage que je représente, la musique que je fais et les bonnes vibrations que j'envoie sur scène. Eux m'aident moralement et m'aident en existant et en aimant ma musique. Les gens du milieu de la musique ne t'aident pas. Ils t'aident si tu fais tes preuves et pour eux, faire ses preuves, c'est vendre des albums.

En 2004 j'ai monté un groupe de reprises Rock seventies "The Doc Experience" et j'ai engagé des musiciens professionnels pour ça. J'avais quelques compos instrumentales et des "fans" devenus amis avaient beaucoup aimé mes compos que j'ai commencé à jouer en live, en instrumental. Je ne chantais pas à l'époque. Un jour d'octobre 2009 je décide de rencontrer Marco Beacco pour voir si je pouvais chanter. J'ai failli partir au bout du premier essai mais il a insisté, changé des tonalités, il m'a rassuré et finalement je suis sorti 2 heures plus tard avec un enregistrement ou j'avais fait la voix lead et les chœurs. J'avais une pêche d'enfer et cela m'a ouvert la route. Pour la première fois je découvrais qu'on pouvait composer   pour chanter ses propres chansons, dans des tonalités faites pour sa voix. Ensuite je me suis essayé en concert live avec le stress de passer de guitariste à guitariste chanteur et de ne pas savoir comment son public allait apprécier. Le Test pour moi a été le live et ce que je ressentais du public. Pas d'un jury d "experts" de la télévision. En Aout 2011 j'ai terminé de composer les titres de ROUTE 55. Je  suis rentré en studio en septembre 2011. Le 13 janvier 2012 je recevais les exemplaires chez moi. 


 4) Tu as créé "Rock the Doc production" ; parce qu'on n'est jamais si bien servi
que par soi même ? As-tu démarché avant des labels?
 J'ai créé ma boite de production pour faire cet album et produire mes concerts. C'est sur mes économies bien entendu et cette boite ne fait pas de bénéfices mais a au moins le mérite de créer des emplois et de faire travailler beaucoup de monde et en premier lieu mes musiciens. C’est une petite société ou je fais tout, j'ai tous les rôles et je n'ai pas les moyens de faire autrement que de tout faire.

Je n'ai démarché aucun directeur artistique, aucune maison de disque et aucun label. Je n'ai pas envie de tendre le bâton pour me faire taper dessus ni d'entendre des critiques ou voir des gens qui se moquent de moi. Je suis ouvert à toute proposition mais je n'irais pas sonner à des portes pour prendre le risque de me faire jeter. Je n'ai pas envie de ça et c'est la chance que j'ai d'être indépendant.
Je plains les jeunes qui veulent faire de la musique car je connais trop bien ce chemin de croix avec ses stress, ses vexations et frustrations. Donc les gens qui sont la pour te juger ou te critiquer juste pour se convaincre qu'ils existent ne m'intéressent pas.

5) Le digipack est très réussi, beau graphisme, c'est toi qui l’as conçu ?




Le digipack est vraiment une réussite. C'est Alain Chennevière qui l'a conçu petit à petit en me fréquentant, en discutant avec moi, en s'intéressant à ma musique et ce qu'elle véhicule et il m'a fait tous ces beaux dessins en fonction de ce qu'il comprenait de mon esprit. J'ai voulu  avoir un beau CD et pas juste un bout de plastique avec une photo comme on propose actuellement trop souvent en se demandant pourquoi les gens n’achetaient plus de CD et en mettant uniquement la faute sur le téléchargement. Je remercie Alain pour son travail et toute la gentillesse qu’il a eu à mon égard.  Pas seulement un grand chanteur mais un grand dessinateur.

6) Avec des potes comme Bertignac et Pagny tu aurais pu te présenter à "The voice" sur TF1, non ? Plus sérieusement que penses tu de ce genre de programmes?
Oui c'est une bonne blague JL. Franchement, je n'ai pas regardé cette émission tout comme je n'ai pas regardé la Star Ac.  Je n'ai pas vraiment de commentaires à faire.
Comme je te l'ai dit, je n'aime pas ceux qui jugent et je n'aime pas être jugé donc ce genre d'émission ne m'intéresse pas.     
Les musiciens et les chanteurs, je préfère aller les voir dans des jam, des bars, des endroits où on peut encore faire des gigs  et jouer en live plutôt que dans des concours à la télévision. Mais j'ai l'impression que l'audimat explose avec cette émission alors tout le monde doit être content. Moi je vous dit franchement ces émissions m'emmerdent et je n'ai jamais été en phase avec la mode et les choses à la mode.  De plus entre ma vie de médecin, tous les jours à son microscope et ma vie de musicien avec un album à autoproduire, à défendre et à jouer en live et aussi  ma vie de famille, je n’ai pas le temps de regarder la télé. Je regarde des bons films de temps en temps. Je ne regarde même plus les informations et leur flot de mauvaises nouvelles. Quelques phrases de « Tous beaux tous bons » expriment bien ce que je pense.

7) Peux tu nous présenter les musiciens qui t'accompagnent dans cette aventure?
Oui, bien sûr, et comment! David Salkin (batterie), Olivier Brossard (basse) et François Delfin (guitare) ont participé à l'album ROUTE 55. C'était les musiciens de Florent Pagny en 2003 et nous avons gardé de très bons contacts. Olivier et François ont même joué avec moi dans mon ancien groupe The Doc Experience. Nous avions déjà travaillé ensemble sur un CD de 3 titres, Limited Edition, sorti en octobre 2011 ou je voulais "m'essayer" aux joies du studio et j'ai voulu garder le même son, donc les mêmes musiciens et le même studio à Alfortville. J'ai moi-même fait beaucoup de guitares dans l'album et nous sommes resté proches des maquettes que j'avais réalisé chez moi mais bien entendu j'ai laissé  de la liberté à ces musiciens hors pair et nous avons beaucoup discuté avant d'enregistrer chaque titre. Je leur ai fait écouter beaucoup de références musicales à chaque titre enregistré. Ces 3 musiciens tournent beaucoup et ont joué avec beaucoup d'artistes comme Higelin, Bashung, Voulzy ...la liste est longue. Ils ont beaucoup aimé mon projet et ont pris beaucoup de plaisir car ils viennent du même univers musical que moi, même si ils ne font pas, parfois, uniquement ce qu’ils aiment. David Mirandon m'a été présenté par David Salkin comme un des meilleurs percussionnistes de studio et c'est vrai qu'il a fait un superbe travail. On a quand même pris 2 jours pour les percussions. Ils ont tout donné, ils ont travaillé 12 h par jour en s'arrêtant une demi-heure pour manger et j'ai vraiment apprécié cet état d'esprit. 

 de gauche à droite Franck Terranova, David Mirandon, Laurent Zerat, Pierra Veuillot, Stéphane Terranova
 (cliquer sur la photo pour l'agrandir)


Pour le live Je jouais déjà depuis longtemps avec Pierra Veuillot (batterie, chœurs), Franck Terranova (basse, chœurs) et Stéphane Terranova (guitare, chœurs). Ils étaient les 3 dans The Doc Experience et ont évolué avec moi du groupe de reprises à l'accompagnement d’un artiste qui a ses propres compositions, ce qui n'était pas acquis d'office. Il a fallu qu'ils travaillent un autre répertoire, un autre style car mon groupe de reprises ne reprenait que du gros Rock bien gras et si certaines de mes compositions sont très rock, d'autres ont des sons plus bluesy, funky avec même un peu de soul et de disco. Les frères Terranova viennent du rock et ont un très bon groupe de rock "French Paradoxe" mais ont su s'adapter à mes compos. Pierra aussi joue dans d'autres formations. Il me rappelle Mitch Mitchell dans son jeu, il a l'esprit seventies à fond. Ces 3  là sont plus que mes musiciens, je les considère comme ma deuxième famille, toujours là, toujours prêts, ils aiment ce que je fais et il y a un grand respect mutuel. Sur scène, ils ont une belle attitude et il existe un vrai sentiment de fraternité. Je ne demande qu'une chose, leur donner assez de travail et tourner ensemble. Je tenais à ce qu'ils participent à ROUTE 55 alors j'ai demandé à Franck et Pierra de faire les chœurs dans l'album. Je voulais des voix d'hommes et ils sont venus faire une belle journée de studio et le résultat est là. David Mirandon est le nouveau venu, grand percussionniste, il était dans la tournée de Christophe Maé, qui, je crois, n'a rien à voir avec ce que je fais. Nous nous sommes vite compris, apprécié et ce n'était pas évident pour lui de rentrer dans une équipe où tout le monde se connaissait depuis des années. Nous avons appris à mieux nous connaitre pendant nos 2 derniers concerts au Zèbre les 23 et 24 mars derniers et tout le monde en redemande.
J'ai de la chance d'avoir ces musiciens avec moi. Franck et Pierra chantent très bien et parfois je leur demande de chanter des reprises dans mon set. Cela me repose la voix et me donne du plaisir car j'aime la manière dont ils chantent. J'espère que la ROUTE va continuer. 

 8) Au fait, pourquoi  ce titre ROUTE 55?

C'est venu progressivement. D'abord je me voyais sur une route avec une guitare en train de marcher. En écoutant mes titres on ne pouvait qu'être sur une route américaine.
C'est bien entendu un clin d’œil  à la route 66 mais  je sors  cet album au moment de mes 55 ans et naturellement j'ai pensé qu'il fallait appeler cet album ROUTE 55 qui sort pour mes 55 ans.
Il se trouve que le chiffre 5 est depuis toujours mon chiffre porte bonheur. Mon numéro de téléphone comporte beaucoup de 5.
Je ne sais pas où m’emmène cette route, je la prend pour mes 55 ans. C' est une décision que je prend de faire de plus en plus de musique et de changer de vie progressivement mais surement.


9) Venons en à la musique proprement dite; les influences sont –à mon avis- clairement "West Coast" , Doobie Brothers, Steely Dan et consorts sans oublier Crosby Still & Nash dont tu reprends le "Long time gone" , hormis ceux que je viens de citer qu'aime tu écouter?
Merci d'avoir cité ceux là et il y en a d'autres qui ont influencé ma musique :  Hendrix (écoute les riffs de guitare dans les couplets de "Mais arrêtez de clopper" ) , Led Zepellin, The Who ( la fin de "No Connection" est franchement un clin d'œil). 
Les Rolling Stones, Manassas et encore et encore.... The Doors, The Beatles (mais mon préféré est John Lennon)…
Un grand mélange de tout ce que j’ai aimé s'est fait dans mon cerveau depuis des décennies et a donné ROUTE 55 avec bien entendu ma sensibilité et ma manière d’entendre la musique.
A part ça, j'écoute beaucoup de blues (Freddy King, Albert King, Muddy Waters, John Lee Hooker...), mais aussi autre chose, Marvin Gaye, Stewie Wonder, James Brown, The Isley Brothers et beaucoup d'autres mais c'est difficile de faire une liste exhaustive, voire impossible. 

10) J'ai particulièrement aimé "Jimi Jim and John" , pas besoin de te demander si ce titre s'adresse à Hendrix, Morisson et Lennon. Que représentent ces 3 là (et ceux de cette époque, Janis, Bolan etc) à tes yeux; et comment expliques tu que 40 ans après la fin du rêve cet age d'or du rock nous fascine toujours autant?
"Jimi, Jim and John " est le dernier titre que j'ai composé. Je l'adore, comme tous les autres. Mes musiciens de studio (Olivier Brossard, David Salkin, David Mirandon et François Delfin)  ont fait un magnifique travail. Ils m'ont beaucoup complimenté sur ce titre. François m'a même demandé si c'était une reprise et David m'a regardé et m'a dit "Prend ça pour un beau compliment Doc".

Ces 3 artistes, Jimi, Jim et John, me fascinent. Ils sont tellement loin de The Voice et la Star Ac, tellement loin de ce qu'on entend à la radio. Ils sont d'une autre époque, des révolutionnaires à leur manière. Ils ont révolutionnés la musique avec des vrais textes, des idées intéressantes et une musique. Pour Hendrix, en dehors de sa musique, ses textes et sa voix sont très sensuelles, c’est un génie de la guitare et du son qui est le père spirituel de tous les guitaristes, voire le grand – père et l’arrière grand- père.
Cela va même au delà même  de la musique, c'est un état d'esprit. Ces types aimaient jouer de la musique, jammer. Comme beaucoup d’autres, bien d’autres. Dès qu'ils avaient l'occasion de jouer, ils jouaient, pour le plaisir, malgré la fatigue des tournées. Certains artistes ne jouent que pour l'argent, sur scène ou au studio et plus pour le plaisir. Ceux là m’ont donné envie de faire de la musique.  D’ailleurs quand je vois comment Bertignac se démène pour son nouvel album (que j'ai aimé d'ailleurs) je me dis qu'il a encore gardé la foi et le plaisir de jouer.

11) Il n'y a que 2 titres en français sur l'album, pourquoi? Tu composes plus facilement en anglais ? Pour ma part je pense que la français sonne moins bien pour ce style de musique, qu'en pense tu?
C'est sympa de me parler de ça. D’ailleurs je trouve tes questions pertinentes car elles me permettent de développer des points de vue dont j’aime parler. Cela s'est fait comme ça pour ces 2 titres. Il se trouve que j'ai eu une idée de chanson, j'ai quasiment écris les textes et la musique en même temps. Mais j'avais envie qu'on me comprenne bien sur ces deux titres et je n'ai pas voulu changer. C'est vrai que c'est très atypique d'avoir 10 titres en anglais et 2 titres en français sur un album. Pour répondre à ta question, je m'évade et ose plus facilement quand j'écris en anglais. J'écris des mots simples que je peux arriver à chanter facilement en anglais. J'aime aussi chanter en français. Alors je crois que je garderais l'option de titres en anglais avec quelques titres en français, en fonction de la musique et de ce que je veux raconter, en fonction du feeling que j'ai sur le titre que j'écris. Les version live de "Tous bons tous beaux" et "Mais arrêtez de cloper" sont plus rock avec une voix plus rock dans l'intonation et différente de l'album. Le live rend ses 2 titres moins décalés par rapport au reste des titres de l’album. Je crois que tu aurais aimé les versions live. Mais il y a une cession de rattrapage au Petit Journal Montparnasse le 31 mai prochain.

12) Sur "Arrêtez de cloper", c'est le Doc qui parle?
J’ai écris " Mais arrêtez de cloper" le lendemain d'une soirée où tout le monde clopait. J'avais d'abord écris les 3 premier couplets assez vite.  Ils sont autobiographiques. Puis j'ai fait écouter le titre à un ami qui me dit, " on reste sur notre faim, comment ça se termine ? ». Alors j'ai rajouté le 4 ème couplet, plus dur mais l'ambiance mégaphone donne de la légèreté et un coté humour second degré au couplet.
Oui c’est le Doc qui parle. J'ai arrêté de cloper il y a 15 ans. 

13) Je parlais il y a peu des suédoises de "First aid kit" qui expliquent qu'elles ont choisi ce nom car la musique agit comme une thérapie pour elles et leurs auditeurs, qu'en pense le Doc?
C'est clair, c'est une thérapie pour tous. Pour ceux qui écoutent de la musique et pour ceux qui la créent. Je ne m'ennuie jamais depuis que je fais de la musique. La vie passe trop vite et j'ai envie de faire de la musique dès que j'ai un moment de liberté. En live, nous prenons une dose de bonheur pour quelques semaines et nous en donnons autant. Les gens sortent avec le sourire et la banane et ont laissé leurs problèmes au vestiaire le temps d'un concert. C'est "Rock the Doc" le Doc qui vous soigne avec sa musique et qui se soigne par la même occasion.
La musique est puissante, elle reste. Chaque titre que vous avez aimé dans votre vie vous ramène à un souvenir qui peut vous faire rire ou vous faire pleurer mais quoi qu’il en soit ce souvenir qui remonte est fort. Je n’aime pas les chansons tristes. Il y a suffisamment des choses tristes dans le monde. Je crois que ma musique est optimiste, elle me fait du bien donc me soigne et si elle peut soigner mon public c’est la cerise sur le gâteau !

14) Es tu satisfait du résultat et compte tu poursuivre sur ta lancée et pourquoi pas donner des petits frères à cet album ? (Pour répondre à ta place, oui tu peux en être content)
Je suis satisfait du résultat et d’avoir réussi à finaliser un projet ancré en moi depuis toujours. C'est un long chemin parcouru depuis la composition jusqu’à la fabrication et la promotion de l'album.
J’ai eu de bons retours de radio FM petites et grandes qui ont aimés mon album.
J'ai eu quelques interviews. J’entends tout le monde me dire "c'est très dur, la vente d'album s'est fini, la musique c'est fini..."  Moi j'avance, je ne veux rien entendre de négatif, j'ai déjà fait cet album.
Les gens ne se précipitent pas pour l'acheter mais  au moins l'album existe et des personnes l'apprécient. Je sais que le public est très sollicité et que je ne suis pas le seul à faire de la musique et à aimer mon propre projet.
Pour passer et être programmé en radio c'est un parcours du combattant. Je suis distribué en numérique sur les plateformes classiques de téléchargement et mon album (pochette et CD) est en vente, comme le téléchargement, sur  mon site. Je n'ai pas de distributeur dans les grands magasins de disques (j'ai vite abandonné les recherches après un refus). Je n'ai pas de label, je n'ai pas de maison de disque alors évidement c'est dur par moments mais j'ai décidé de faire mon chemin tranquillement. J'ai organisé ma promotion avec les moyens du bord et je cherche des dates de concerts et un tourneur sérieux qui ne me dise pas que c'est dur!
Alors je suis satisfait, oui, car pour un débutant, c'est déjà très bien que des personnes comme toi s'intéressent à mon album. Je suis satisfait car je suis considéré comme un artiste, un musicien auteur compositeur et plus seulement comme un médecin qui fait de la musique le dimanche. D’ailleurs la preuve en est qu’on me pose jamais de questions sur mon métier de médecin mais toujours des questions sur mon album et ma musique.

15) Et bien merci Laurent de nous avoir permis de faire plus connaissance avec toi et ta musique, bon vent et à bientôt. Le mot de la fin?
Tout est possible, faut juste le vouloir très fort, faire des choix de vie et faire soi-même ce que les autres ne feront pas pour toi. Rock the Doc, I’m lookin’ for you !
C'est moi qui te remercie de t'être intéressé à ce projet auquel je pense tous les matins en me rasant depuis bien plus que deux ans!!


Le clip de "My rock'n'roll band " avant de se quitter:

16 commentaires:

  1. You're welcome Doc ! Et n'hésite pas à nous donner des nouvelles, nous transmettrons aux lecteurs.

    PS : je souffre d'horribles bourdonnements d'oreille et de maux de tête quand Lady Gaga passe en radio... On m'a prescrit un Abbey Road matin et soir, et au bout de quinze jours, sans signe d’amélioration, de passer au Let it bleed, voire, au Machine Head (mais dosé à 500 seulement, car y'aurait des effets addictifs trop forts...). Tu confirmes ??? (Luc B.)

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    1. Abbey Road, c'est un très bon produit et il n'y a pas d'effet secondaires en cas de surdosage! Par contre, si ça ne passe pas, met toi à la ROUTE 55 au plus vite!! Un bon Rock the Doc matin midi et soir et pour t'endormir, No connection acoustique, suivi de Long time gone et vraiment si tu ne t'endors pas, un Jimi Jim and John devrait t'achever! Sinon, il n'y a plus rien à faire pour toi. :-))

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    2. Merci... je cours à la pharmacie !!!

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  2. Big Bad Pete12/4/12 13:11

    Bertignac, à 18 ans, jouer comme un dieu ???
    ... Bon, ben, avec Telephone, il est redescendu sur Terre !!!
    Et depuis, ça va mieux pour lui, merci... (excepté "the voice" ...) mais, un dieu... faut pas déconner !!!

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  3. je pense BBP que ce que veut dire le Doc, c'est que Bertignac était au dessus du "gratteux" moyen du dimanche ou de la plage, ce que je crois aisément. Si Bruno qui a chroniqué le dernier Berti passe dans le coin qu'il nous dise ce qu'il en pense..

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  4. Ce que j'en pense, sans vouloir faire de la démagogie (même si c'est très à la mode en ce moment...) c'est que vous avez tous raison.
    Tout le monde à gagné : 10/10.

    Non en fait, je comprend très bien l'opinion de Pete. Etant un gratteux qui a étudié des guitaristes très pointus, en comparaison le Bertignac des 70's/80's fait pâle figure.
    Il est vrai que Téléphone n'a jamais spécialement brillé par ses soli de guitares (mais peut-être que l'on ne lui en laissait pas l'occasion). Ce qui n'enlève rien à leurs performances scéniques et la qualité de leurs chansons (des 3 premiers opus).
    Ce qui est certain c'est que Louis est un passionné, il ne s'est consacré à la musique par hasard. Il a une belle culture musicale (je l'ai vu reprendre "Muddy Waters Blues" de Paul Rodgers, seul en acoustique) et un gars qui connait sur le bout des doigts les riffs de Led Zep, Beatles, Who, Stones, Hendrix, cela en jette.

    Maintenant, pour avoir vu ses dernières années trois fois Louis sur scène, je peux témoigner qu'il ne se ménage pas et qu'il est encore capable d'envoyer le bois. Bien plus que la plupart des jeunots actuels qui semblent tous jouer de la même façon (anglo-saxons compris). A chaque fois, ce fut une très bonne soirée.

    De plus, le gars a de l'humour et ne se prend pas au sérieux (même s'il ne faut le faire chier).

    Comparer Bertignac à un Dieu de la guitare, cela me semble dithyrambique. Néanmoins, indéniablement, c'est un bon. Il sait faire sonner, chanter, une guitare, et ce sans une tonne de matos.

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  5. Je me suis mis dans la peau d'un ado de 17 ans quand j'ai parlé de Dieu de la guitare en parlant de Bertignac. Mais il faut se mettre dans le contexte de cette époque ou cette musique venait de débarquer, que le type jouait quasiment du note à note et qu'à cette époque on n'étudiait pas la musique avec des video ou des mp3 qui permettent de faire des boucles et de voir exactement comment jouer. C'etait des vynils qui tournaient sur une platine... Oui pour cette époque, ce jeune guitariste était un avant gardiste en France.

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  6. Il fallait écouter, chercher et comprendre en relevant le bras de la platine délicatement et essayer de le reposer au plus prêt du passage qu'il fallait déchiffrer. pas de tablatures non plus ni les milliers :-)) de "leçons" sur youtube. Toutes ces choses n'existaient pas. On venait à peine de découvrir le lecteur de K7.
    Voilà , alors le "Dieu" n'est qu'une expression à relativiser et Rockin a très bien compris ce que je voulais exprimer.
    J'espère que l'album vous plaira quand même!

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    1. J'ai aussi connu cette époque, toutefois avec les partitions de Guitares & Claviers (merci Marcel Dadi). Mais personnellement, j'avais trop la flemme de réécouter maintes fois le même passage. D'autres copains le faisaient eux ; et d'ailleurs, ils sont devenus vraiment très bon.
      Et pour l'apprentissage de l'oreille, y'a pas mieux.

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  7. jolies les shoes bleues Doc! je les avais remarqué tout de suite mais la chronique et l'interview sont déjà assez longues, sinon j'en aurai bien parlé un peu:)

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    1. Tu m'étonnes!! ça aurait duré encore au moins 30 mn de plus à ne parler que des mes shoes bleues que je ne met que pour jouer! :))

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  8. très bon discours Laurent !!! tu es le meilleurs sans pompon ni tralala ! juste toi et ta musique que l'on aime ! je l’écoute tous les matins et j’apprécie tjs autant continue on est la pour te suivre .....
    bisous Fanfan

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    1. merci Fanfan!! Moi aussi je t'aime:))

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  9. un plaisir Laurent , Bonne Route 55 ....................Fabrice.

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  10. Bonne chance Laurent , tres tres Bonne ROUTE !

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