mardi 22 mai 2012

TURCHI "Road ends in water" (2012) par Rockin-JL


Turchi est le groupe du guitariste/chanteur et compositeur  Reed Turchi, ils nous viennent de Chapel Hill en Caroline du Nord et "Roads ends in water" est leur premier album, qui parait sur le label crée par Reed Turchi "Devil down records". Le jeune homme a créé au départ ce label pour pouvoir rééditer des disques de Mississippi Fred Mc Dowell, on trouve aussi sur son label Kenny Brown et Little Joe Ayers ainsi que de la country. Décidément très impliqué dans la (sur)vie de la scène blues locale il a aussi fondé Vinyl records, une asso qui fournit aux étudiants musiciens un studio d'enregistrement.  Pour accompagner Turchi, on trouve à la basse Chris Reali, étudiant en musicologie, et aux drums Cameron Weeks, que Turchi a rencontré alors qu'il jouait avec son ancien groupe    dans les studios de Vinyl Records, plus un invité de prestige à la guitare sur trois titres : Luther Dickinson, chanteur guitariste des North Mississippi Allstars et guitariste au sein des Black Crowes depuis 2007.

J'ai peu d'infos sur ce groupe que j'ai découvert par hasard sur le net mais ce disque m'a vraiment accroché. Ils jouent un blues rugueux, au son un peu "crade", loin de la plupart des productions aseptisées et trop lisses, un blues qui nous fait voyager du country blues des collines du Nord du Mississippi au blues crasseux des juke joints du Delta en passant par  Chicago , son South side et ses bouges enfumés, mais le mieux est d'en écouter un extrait,  "Shake 'em" , c'est une reprise de RL Burnside:







D'entrée "Keep on drinkin" nous plonge dans l'ambiance, un shuffle enlevé, slide, effet "fuzz", groove entrainant, ça démarre sur les chapeaux de roue et le tempo ne faiblira pas. "Watcha Tryin" évoque un peu les premiers Stones qui auraient rencontré Junior Kimbrough, à noter  les effets de "résonance" de la voix ; avec "Be alright" on est dans le boogie à la Canned Heat mais aussi dans le blues brut de décoffrage d'un Hound Dog Taylor , avec les 2 guitares de Turchi et Dickinson qui se croisent dans un final "southern rock".

 "Do for you"  est un bon Chicago blues où bizarrement la voix de Turchi évoque ...Bob Dylan jeune; "Don't let the devil ride" est un delta blues mid tempo au son plus moderne porté par une belle slide.
Suit "Dr recommended  (satisfaction guaranteed)" , un mid tempo avec à nouveau Dickinson à la guitare dans un climat  "stonien" (style "parachute woman") où la voix de Turchi sonne  Mick Jagger , un des sommets du disque avec la reprise de Muddy Waters "Can't be satisfied", aux vocaux distordus et festival de slide. "Junior's boogie" est un boogie blues à la Jr Kimbrough, T-Model Ford ou RL Burnside.
Burnside, le voici justement avec une reprise de son "Shake 'em" tout à fait recommandable, incontestablement une des influences principales de Turchi, un boogie lancinant et un beau travail de guitare. On termine avec une adaptation du classique "Keep your lamp trimmed and burning" (déjà repris par Blind Willie Johnson, Reverend Gary Davis ou Hot Tuna) , un superbe version entre delta blues à la Mississippi Fred Mc Dowell et gospel.

Rien de révolutionnaire mais un très bon album qui ravira les amateurs des artistes cités dans cette chronique; un album de blues authentique, primitif et moderne à la fois, une bonne surprise de ce début 2012.






2 commentaires:

  1. Ca c'est du tout bon j'aime ce style rugueux qui en effet n'est pas sans rapeller RL Burnside ou le regretté Alex Mason. Merci de la découverte je passe l'info sur le Forum "Au Pays du Blues"

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  2. Commercialisé en France par Nayati Dreams (sur internet), c'est en effet une très belle découverte. A ranger auprès de Molly Gene, Kenny Brown (fils adoptif blanc de Burnside) et autres Wes Mackey (Live blues rules 2011).

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