lundi 15 avril 2013

R.I.P. Le chef d'Orchestre COLIN DAVIS est décédé le 14 avril



Il y a un mois, je commençais à écrire un article sur la Symphonie"Rhénane" de Schumann dans l'enregistrement de Wolfgang Sawallisch. À mi parcours de la rédaction, changement de style, le maestro allemand nous quittait… R.I.P. J'avais depuis un certain temps en projet de vous parler du Requiem de Berlioz dans l'interprétation légendaire du chef anglais Colin Davis. J'apprends ce matin en écoutant Radio Classique que le musicien est mort hier. Il avait 85 ans. Au train où vont les choses, je vais abandonner le monde musical pour envisager des articles sur les tyrans qui martyrisent l'humanité (humour british…).
Né en 1927, Sir Colin Davis aurait pu ne jamais devenir Chef d'Orchestre par manque d'une bonne maîtrise du piano ?! Il contournera cette étrange règle en créant avec des amis un petit orchestre : le Kalmar Orchestra. En 1952, à 25 ans, il remplace Otto Klemperer souffrant dans… Don Giovanni. C'est lors d'une telle opportunité que l'on joue sa carrière. Klemperer est l'un des maîtres incontestés de l'époque dans cet opéra ! C'est simple, on déçoit ou on s'envole pour une longue carrière… Ça sera le cas.
En plus de cinquante ans au pupitre, Colin Davis a assuré la direction d'au moins quatre ensembles prestigieux : de l'Orchestre de la BBC, de Covent Garden, de la Radiodiffusion Bavaroise et enfin de 1995 à 2006 du Symphonique de Londres dont il était devenu le président à vie. Le grand âge venu, il dirigeait aussi fréquemment l'Orchestre de la Staatskapelle de Dresde. Et pour les mélomanes, Colin Davis restera aussi une légende du microsillon…
Les discophiles des années 60-70 penseront immédiatement à l'immense travail d'enregistrement qu'effectuait Colin Davis à l'époque. Berlioz en premier, dont il grava pour Philips l'intégrale de l'œuvre, dont l'opéra les Troyens qui ne connaissait guère les honneurs du disque. Objectivement, Colin Davis excellait dans un répertoire très large : Les concertos de Mozart avec Brendel, les symphonies de Haydn, une formidable et limpide intégrale de Sibelius avec l'Orchestre de Boston. On n'oublie pas l'opéra : ceux de Mozart, Berlioz évidement, Tannhäuser de Wagner à Bayreuth… Ah, et encore une messe en Fa de Bruckner (non rééditée, on se demande pourquoi ?!!).
Colin Davis avait anticipé la crise du disque dès les années 2000 et la mauvaise gestion purement mercantile des majors, notamment Philips qui pourtant vendait des millions d'exemplaires grâce à ce chef. Il crée les "labels d'orchestre", le LSO. La production de CDs devient l'une des activités commerciales et artistiques du Symphonique de Londres au même titre que les concerts. Et ainsi il réenregistre nombre des gravures qui constituaient son répertoire de prédilection… Berlioz en premier mais aussi Haendel (un Messie des années 60 qui est encore au catalogue), Elgar et Mozart ou encore Dvorak. En 2008, à 80 ans, il accompagne pour Dgg Hilary Hahn dans un défi pour la jeune artiste : le concerto pour violon d'Elgar qui dure une petite heure. Les deux complices séparés par deux générations font un tabac avec ce disque sortant des sentiers battus…
En ce jour, voici le Requiem de Berlioz avec le symphonique de Londres en 1969  (à écouter en must Le Lacrymosa et l'offertoire), puis le poème symphonique Tapiola de Jean Sibelius à Boston...



Le choix d'une discographie essentiel est bien difficile ; quelques enregistrements marquants :



Vidéos : Elgar, extrait des variations Enigma, le mystérieux Nemrod en forme d'adagio… Puis l'intégrale du Messie de Haendel en concert à la BBC.

4 commentaires:

  1. pat slade15/4/13 18:31

    Je viens de l'apprendre en voyant ton billet et je te l'avoue que je suis un peut sans voix.J'ai pratiquement tous ses enregistrements de la période Berlioz de 1969 avec une version du "Te Deum" qui pour moi et à l'écoute des autres reste la meilleur.Tu parlais de l'opéra "Les Troyens", sa version de " Benvenuto Cellini" ou encore celle de "Harold en Italie" sont très belle et de plus dans cette dernière,Colin Davis a suivis à la lettre ce que voulait Berlioz, autrement dit, un violon Alto de l'orchestre et non un soliste de renomée mondial(Même si après il seront reconnus) comme Nobuko Imai. Mais puisque tu as en projet de parler du Requiem de Berlioz (Ha! le dies irae et son tuba mirum !, prend la version de Charles Munch, déja c'est la meilleurs (Version de 1968 avec l'orchestre de la radio bavaroise et Peter Schreier en soliste DDG). Le seul hic ,même si Munch est décédé depuis 45 ans, Schreier est encore de ce monde, à 78 ans, j'espère qu'il tiendras encore un peut.

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  2. Ah le vieux dilemme entre les deux conceptions contemporaines Davis vs Munch !!!! A ce niveau... Je garde un faible, sans doute irrationnel, pour Colin Davis en 1969. (la dernière mouture qui vient de paraître est hélas bien terne.) j'avais le choix pour les deux liens, il n' y a pas photo...
    De toute façon si chronique il y a, il faudra rappeler Munch à Boston (RCA), et John Elliot Gardiner sur instruments anciens...

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  3. N'oublions pas que Sir Colin nous aura aussi laissé, avant de partir, une intégrale Nielsen resplendissante.

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  4. Merci Jean-Christophe pour cette information !

    J'ai écouté quelques extraits, le tissu orchestral est d'une transparence inouïe. Merci aux ingénieurs du son.... La direction est précise et alerte... que demander de plus !

    Pour l'instant ces 3 CD sont vendus séparément. Espérons qu'un coffret les réunira...

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