samedi 22 juin 2013

J. Fischer & Y. Kreizberg - Mozart : Concerto N°3, Dvořák : Symphonie "Nouveau Monde" – par Claude Toon


Julia Fischer                   Yakov Kreizberg
- B'jour M'sieur Claude, vous nous offrez un concert avec l'une des jolies violonistes dont vous êtes si friands ?
- Vous avez une drôle de façon de dire les choses Sonia, mais oui j'avais déjà consacré un article à la talentueuse violoniste allemande…
- Ah et puis il me semble avoir déjà lu dans les archives un article sur la symphonie du nouveau monde de Dvořák, dirigé par Karl Lancel de mémoire ?
- Ah Ah Sonia, le maestro "Sac à Main", ah ah. Non Karel Ancerl, un chef tchèque de génie disparu depuis des décennies, place aux jeunes, et
- Excusez-moi de vous couper la parole M'sieur Claude, mais il fait jeune et moderne le chef, heuu… Yakov Kreizberg si je lis bien…
- Hélas Sonia, il est mort bien jeune, à l'époque où je suis arrivé au déblocnot, début 2011, un RIP avec retard mais bien mérité…
Dring Dring Dring Dring Dring Dring Dring Dring Dring Dring Dring Dring Dring
- Oui c'est très triste… mais ça sonne, il est temps d'aller s'assoir…

Sonia a une bonne mémoire. Un article a déjà été consacré à Julia Fischer, pianiste ET violoniste virtuose. Elle est plus connue pour son talent de violoniste. (Elle préfère l'archet pour guider sa carrière, une vraie surdouée…) La chronique d'octobre 2011 présentait un album original intitulé "Poèmes" (clic) et comportant des pièces concertantes qui ne font pas la une de la discographie, du "poème pour violon et orchestre" d'Ernest Chausson en passant par le magique "poème automnal" de Respighi (clic).
La discographie de la jeune artiste est riche d'enregistrements avec orchestre, entre autres : les concertos de Bruch, Dvořák, Tchaïkovski et l'intégrale des concertos de Mozart. Un cycle remarqué car remarquable pour lequel elle est (ou était)  accompagnée par le chef Yakov Kreizberg, son complice au pupitre.
La gravure du 3ème concerto de Wolgang Amadeus qui va illustrer notre concert existe en album simple, ou dans un coffret de 3 CDs, dans lequel on trouve la symphonie concertante pour violon et alto. (Cette œuvre interprétée par I. Perlman, P. Zuckerman et le chef Zubin Mehta a été commentée il y a quelques mois (clic)…) Ce coffret est un trésor de musique juvénile qui renouvelle la discographie.
Mozart a composé ses cinq concertos pour violon en septembre 1775. Il a 19 ans et crée sur commande, vite et bien. Les deux premiers sont plus des divertissements avec violon solo. C'est l'époque de la musique "galante", surtout pas de profondeur… et cela ne plaît que moyennement au jeune homme. Dans le 3ème, il veut sortir de ses petits fours musicaux et va frapper fort : une introduction symphonique imposante qui annonce les 27 concertos pour piano (l'un de ses plus beaux legs à l'histoire de la musique), un jeu virtuose et volubile du violon soliste. De plus, les flûtes, hautbois et cors, par couple, ont vraiment un rôle important, notamment dans l'introduction de l'adagio central, l'une des pages les plus romantiques du compositeur… Un jeune homme plein de vitalité… Songe-t-il à une jolie demoiselle en la composant ?



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- Houla, quelle bousculade au bar M'sieur Claude, j'ai quand même trouvé deux verres de Coca…
- C'est super Sonia, surtout après cette interprétation pétillante de Julia Fischer et son scintillant violon Guadagnini de 1750…
- J'ai adoré l'adagio, moi qui suis une grande sentimentale… Maintenant, je pense que vous allez nous parler de Yakov Kreizberg...

Yakov Kreizberg était né en 1959 à Saint-Pétersbourg (Leningrad à l'époque de Brejnev). Enfant précoce, il commence une carrière de musicien mais surtout de compositeur. Le régime s'oppose à l'édition de ses manuscrits. Du coup il souhaite émigrer, mais on lui refuse d'emporter ses manuscrits à l'ouest. Il "fout le camp" de ce pays de dingues en 1976 vers les USA où il obtiendra la nationalité américaine, comme nombre d'artistes russes à l'époque.
Il va commencer une brillante carrière de chef d'orchestre après avoir fréquenté des maestros de renom comme Leonard Bernstein, Seiji Ozawa et Michael Tilson Thomas dont il sera l'assistant. Son domaine de prédilection : l'opéra, à Glyndebourne, Berlin, Lyon… Il suit également un parcours de chef symphonique en tant qu'invité de très grands orchestres. Dans sa courte vie, il ne parviendra qu'au poste de directeur du Netherlands Philharmonic Orchestra et du Netherlands Chamber Orchestra. Ce sont de bons orchestres, mais le talent de Yakov Kreizberg l'aurait conduit vers les postes les plus enviés de la profession, en Europe ou aux États-Unis, si un cancer n'avait pas mis fin à son destin, à Monaco en 2011, à 51 ans. RIP !
Ce sont avec ces deux orchestres néerlandais que nous écoutons ce petit concert estival.
En seconde partie, je propose d'écouter l'interprétation de la symphonie N°9 du "Nouveau Monde" par Yakov Kreizberg. Pour tout savoir sur ce chef-d'œuvre du maître tchèque, je vous renvoie à l'article du 29 mai 2012, un de mes premiers articles consacrés à l'enregistrement de référence de Karel Ancerl (clic). Oui, "Référence" grâce à l'orchestre philarmonique tchèque que le chef avait métamorphosé en quinze ans comme l'un des meilleurs de la planète. Mais vous connaissez mon point de vue sur le mot "référence" et sa relativité sémantique en musique. Il y a eu plein de nouveaux disques gravés depuis 1961… Des mauvais, certes… et des très bons. Et ce que nous allons écouter est très emballant : des tempos vifs, de l'articulation, la simplicité énergique de Dvořák. Cet enregistrement fleure bon les grands vins primeurs. C'est vert, un peu rêche, un soupçon déséquilibré dans les saveurs, mais plein de jeunesse et de fougue. On songe à un remake plus mature avec un orchestre de haut de gamme qui ne verra jamais le jour… Mais ne gâchons pas notre plaisir, écoutons cette belle musique : (pour une écoute en continuité CLIC)

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~  Clap Clap Clap Clap  ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Voici une vidéo en hommage à Yakov Kreizberg. On le voit répéter successivement Beethoven : 7ème symphonie (2ème mouvement), [0'26"] Mahler : 4ème symphonie (début), [0'48"] Brahms : 1ère symphonie (final), [1'01"], Chostakovitch : 5ème symphonie (final) et [1'26"] de nouveau Beethoven


Concerto N°3 de Mozart
Symphonie du Nouveau Monde

3 commentaires:

  1. Julia Fisher & Yakov Kreisberg I do not know, please check your spelling! ;-)

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    1. Thanks for the mistakes !!!
      I corrected its....
      Kind regards. ;o)

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    2. Voila pourquoi l'audience est basse, parce que les chroniqueurs écorchent le noms des artistes ( je plaisante bien sur). Pour ce qui est de Julia pêcheur (comme ça pas d'erreurs !), la grande classe. Un n° 3 avec un adagio de toute beauté. Pour la 9 de Dvorak , je garde plus de distance hormis sur le largo qui est magnifiquement interprété

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