samedi 5 avril 2014

BRUCKNER : Symphonie N°9 – Philharmonie de VIENNE - Leonard BERNSTEIN – par Claude Toon



- B'jour M'sieur Claude, Leonard Bernstein ? West Side Story ? Waouh, ça va swinguer aujourd'hui…
- Heuuu, pas vraiment ma p'tite Sonia, plutôt un disque inattendu pour le chef américain, une œuvre mystique du compositeur autrichien…
- Hummm, Bruckner, en effet, un peu sévère le bonhomme, il y a déjà eu des chroniques sur ses monumentales symphonies…
- Oui, la 5ème symphonie par Gunther Wand et la 4ème par Sergiu Celibidache, on continue le parcours en changeant de chef, pas toujours les mêmes…
(10' plus tard)
- M'sieur Claude… J'ai trouvé la vidéo de ce live à Vienne en 1990 sur Youtube et le CD est dispo sur Deezer…
- Super Sonia, au moins je ne vais pas faire que disserter sans illustration sonore… merci beaucoup !!!
- À propos, ma petite augmentation…

La 9ème symphonie fut ma première rencontre avec le compositeur autrichien à la fin des années 60. J'avais emprunté le vinyle d'un enregistrement isolé de 1966 de Karajan à Berlin. Je ne commençais pas par le plus facile, mais ce fut un choc, ce genre d'expérience qui prophétise que, pour une raison inconnue, la musique classique sera la compagne musicale d'une vie. À l'époque, on boudait encore cette musique aux accents teutons et les disques étaient peu nombreux. Eugen Jochum et Bernard Haitink achevaient leurs intégrales, Zubin Mehta démarrait sa carrière en flèche en gravant à 29 ans l'imposante symphonie avec la Philharmonie de Vienne ! Un disque qui a encore ses adeptes.
Presque 50 ans plus tard, les enregistrements sont pléthores. Le CD a permis d'exhumer les gravures allemandes des années 30-40. La musicologie a mis de l'ordre dans les multiples révisions des œuvres du maître de Saint-Florian qui, totalement incompris de son temps, tentait de "percer" en réécrivant sans cesse ses partitions. Il y a un débat chronique et intello entre les fans d'une interprétation au mieux spirituelle, au pire sulpicienne de cette 9ème symphonie, et les autres mélomanes préférant des interprétations moins mystiques et plus speed qui mettent le magique contrepoint brucknérien en avant. Je me fiche totalement de ses querelles snobes, il existe de belles réussites dans les deux camps ; Bruckner possédait plusieurs visages : un homme profondément croyant, mais aussi un homme d'origine modeste attaché à la terre et à la simplicité.
Donc, pour illustrer mon article, il fallait faire un choix. Entre la chevauchée énergique de Siegmund von Hausegger en 1938 (55') et la méditation transcendantale d'un Celibidache à Munich (1h20), les choix de manquent pas. Avec Bernstein, on bénéficie à la fois une grande émotion spirituelle qui sied à cet ouvrage d'essence mystique, (il faut s'attendre à des tempos retenus (66')), et un travail en détail sur l’architecture musicale. En prime : la beauté sonore de la Philharmonie de Vienne et une prise de son live de bon aloi… Le choix étant fait, c'est parti !
- En fait, M'sieur Claude, on a le beurre et l'argent du beurre…
- Heuu, je ne l'aurai pas dit comme cela Sonia… Quand même...
Je ne reviens pas sur l'homme Bruckner, le vieux garçon timide, admirateur de Wagner, et qui entra en musique comme on entre en religion (clic). La 9ème symphonie sera son chant du cygne. Il mourra avant d'en avoir entendu la première exécution en 1902. D'ailleurs, il n'existe que 3 mouvements "officiels", la symphonie est restée inachevée. Une légion de musicologues a reconstitué un final "exécutable" à partir de bribes de manuscrits laissées par le compositeur autrichien. Pour ma part : "Bof". J'y reviendrai plus loin…
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Quant à Bernstein, nous avions déjà rencontré le maestro américain lors d'un article consacré aux ballets de Darius Milhaud (La création du Monde et Le Bœuf sur le toit). Il s'agissait d'un disque réalisé avec l'Orchestre National de France, une référence dans ce répertoire. J'avais zappé sur la bio de Bernstein dans l'attente d'une chronique sur West Side Story. Ce projet étant encore dans les cartons, je profite de ce disque Bruckner pour aller à la rencontre d'une des personnalités musicales majeures du XXème siècle.
Né en 1918, Leonard Bernstein fréquente Harvard, apprend le piano et la direction d'orchestre. La présence aux USA de compositeurs ou d'artistes de renom fuyant l'arrivée du fascisme et du nazisme en Europe va lui permettre de côtoyer les plus grands comme Fritz Reiner, Dimitri Mitropoulos et Serge Koussevitzky. Très vite le désir de composer le gagne et, chose rare, il va briller tant dans la direction d'orchestre, que dans l'écriture de ses partitions. Leonard Bernstein étant américain, il n'est pas contraint à s'inscrire dans un style précis, une école, un dogme, clivage très européen entre musique savante et... les autres genres, manie qui a encore la vie dure. La célébrissime comédie musicale West Side Story de 1957 cohabitera dans ses créations avec trois symphonies inspirées de la tradition juive.
En parallèle, l'hyperactif musicien écrira des ouvrages de pédagogies, formera nombre de jeunes chefs comme Michael Tilson Thomas (clic), et occupera même un poste de conseiller à la culture dans un gouvernement. De 1958 à 1973, il anime à la télévision les "Young People's Concerts", des émissions destinées à initier la jeunesse à appréhender la musique classique. Nous, on a "The Voice", ou, comment des juges "arrivés" qui chantent des niaiseries arbitrent des apprentis stars qui chantent plus ou moins justes… Pfff.
Son nom est intimement lié à l'Orchestre Philharmonique de New-York qu'il conduit de 1958 à 1969 et avec lequel il enregistre pour CBS comme un forcené Mahler, Sibelius, Strauss et tant d'autres... Une réédition a été proposée dans une centaine d'albums il y a quelques années par Sony Classical avec, en visuel, des aquarelles originales et habiles du Prince Charles de Galles (Très sympas les pochettes pour une fois).
Dans les vingt dernières années, Leonard Bernstein dirigera les meilleurs orchestres de la planète : Vienne, Amsterdam, Berlin… et confiera au disque un nouveau testament d'un niveau superlatif. Ce disque Bruckner de mars 1990 est, à ma connaissance, le seul qu'il ait consacré à ce compositeur. Sa direction suggère un au-delà tel que l'imaginait le mystique Bruckner, et on peut y ressentir les prémonitions d'un artiste usé par tant de labeur. Le 14 octobre 1990, il s'écroule face à ses musiciens, sur le podium, victime d'une crise cardiaque. Le destin d'un Molière et d'un Giuseppe Sinopoli, aimer son public jusqu'à l'extrême… Quand on voit le septuagénaire en transe sur la vidéo à la fin de l'adagio, on sait que diriger un orchestre est épuisant !
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La 9ème de Bruckner : "le ciel et une image de l'éternité…" (Celibidache)
Bruckner avait travaillé plus de 3 ans sur sa monumentale 8ème symphonie, de 1884 à 1887 pour la version originelle. Le chef Hans Levi la rejette comme injouable, et c'est à cette époque, désespéré, songeant au suicide, que Bruckner ébauche sa 9ème symphonie. La 8ème, remaniée jusqu'en 1890 pour la version définitive,  ne sera créée qu'en 1892 avec… succès par Hans Richter à Vienne. Cette 8ème et avant-dernière symphonie est une synthèse des recherches de Bruckner sur les possibilités mélodiques quasi infinies offertes par la technique du contrepoint et par l'imaginaire romantique.
Bruckner travaille ainsi de front sur les transformations à apporter à sa 8ème et sur la genèse de la 9ème. L'humiliation de 1887 ralentit son travail, tant à cause des accès dépressifs, que par l'obligation de "bricoler" d'autres œuvres mineures pour se nourrir. Pour la nouvelle œuvre en gestation, il abandonnera la culture épique et romantique des symphonies précédentes pour se tourner vers Dieu qui en sera le Dédicataire. L'ouvrage baigne dans une métaphysique et une spiritualité cosmique inconnue jusqu'alors dans l'univers symphonique (quand les interprètes savent transcrire cette transcendance au-delà des notes, cela va de soi). Le travaille de composition va durer réellement de 1890 à 1893 pour les trois mouvements connus. On a souvent considéré que la maladie, d'autres activités annexes (écriture de Helgoland) n'avait laissé le temps à Bruckner que d'esquisser quelques mesures éparses du final ; chose étrange puisqu’il a disposé de 3 ans avant sa mort !
Une autre théorie se fait jour depuis peu. Bruckner avait déjà tellement épuisé les ressources les plus sophistiquées du contrepoint dans les finals des 5ème (clic) et 8ème symphonies, que, chercher à aller plus loin encore, aurait demandé un travail d'une difficulté inouïe pour, tout compte fait, écrire un morceau d'une durée et d'une complexité telles, que le final aurait été tout à fait impénétrables par le grand public. En résumé ce travail n'était-il tout simplement pas… impossible à entreprendre !
Ces dernières remarques sur l'ambition liée à la composition expliquent pourquoi je ne vais pas, comme à l'accoutumée, tenter de commenter de manière détaillée l'architecture des différents mouvements (P.G Langevin l'a fait très bien). S'intéresser aux principaux principes et motifs de l'architecture de l'œuvre et "s'amuser" à les repérer dans quelques passages me semble, j'espère, plus approprié pour entrer dans l'univers étrange et mystérieux de cette musique. L'orchestration de Bruckner ne s'est jamais très enrichie par rapport à celle de Beethoven. Il y a même un recul par rapport à la 8ème symphonie où l'on pouvait entendre harpes, triangle et cymbales. Donc ici : 3/3/3/3, 8 cors dont 4 alternent avec des wagner-tuben dans l'adagio, 3 trompettes, 3 trombones et un tuba basse, plus des timbales évidement.

1 – Feierlich (Solennellement), Misterioso : Quand on a la prétention de composer des mouvements symphoniques qui approchent la demi-heure sans chercher à assoupir les mélomanes, il faut regorger d'idées… Bruckner utilise une forme sonate trithématique (et non double). Les 3 thèmes principaux sont élaborés et s'étirent sur plusieurs mesures. Cette solution permet par un travail contrapuntique pointu (inversion, miroir, etc…) d'obtenir une extrême fantaisie dans l'exploitation de ce matériau thématique, une technique qui maintient le suspens.
Et puis tout se joue dans les premières minutes. L'introduction expose les habituels trémolos des violons comme si Bruckner voulait faire surgir toute l'œuvre d'un sombre néant originel. Des accords de bois et cors apportent une première lumière spectrale d'où surgit le premier thème aux 8 cors, fortissimo et à l'unisson, noble et solennel. Ça jette ! (Ah les cors de la philharmonie de Vienne et leur vigueur cuivrée.) [0'48"] Un second groupe martial de motifs aux cordes se développe en crescendo pour aboutir à un tutti titanesque des cuivres [2'30"], c'est l'affirmation du second thème qui servira de leitmotiv à tout ce mouvement. On ne peut pas  louper ce climax, c'est dantesque. Bruckner se rejoue la Création divine en quelques mesures… Une brève pause (que Leonard Bernstein respecte à la lettre) fait place à une mélodie survitaminée en pizzicati, un passage lyrique presque pastoral, dansant. C'est dans cette partie que Bruckner modèle déjà son troisième thème, non pas dans sa forme brute, mais inversée suivant une des règles de contrepoint, encore une entorse surprenante et contraire à la tradition. La vingtaine de minutes qui va suivre ne sera que développements enchanteurs de tous ces éléments. Il y aurait tant à dire sur les ruptures de tempo, les crescendos abrupts (Bruckner ou l'impulsion de Dirac musicale…). De l'obscurité à la lumière. [24'35"] La coda démarre dans un silence religieux (c'est le cas de le dire) pour se développer en apocalypse sonore, avec son martèlement des timbales, comme si Bruckner voulait précipiter par musique interposée la fin des temps et rejoindre son cher créateur.  
Leonard Bernstein accomplit un miracle dans ce que d'aucun pourrait considérer comme une musique "barbaresque et teutonique". Le chef se fait penseur et, usant d'un élégant rubato, surprend à tout instant. Il aplanit toute velléité de longueurs parfois perceptibles dans des interprétations sous des baguettes moins inspirées. Il transfigure les couleurs de cet orchestre de Vienne ([12'19] – ces sonorité si étranges et énigmatiques). Le chef américain, n'étant pas de l'école germanique (par définition), délimite chaque motif, cisèle chaque mesure dans son unité de temps, et les merveilles de la partition reprennent une à une leurs places. Dans ce disque hallucinant, la direction de Bernstein représente l'antithèse du pathos-legato emphatique qui "tue" parfois la poésie et les couleurs de cette partition. Son rubato est pertinent car il égaye cette musique parfois taxée de "sévère". Et cela restera vrai pour toute la durée de la symphonie…
2 – Scherzo : Bruckner a écrit plusieurs Scherzos pour sa symphonie. Dans l'édition Nowak choisie par le chef, il est relativement bref, même si en 12' Leonard Bernstein prend son temps. On entend souvent marteler les accords initiaux dans des films ou des génériques TV. Le Trio, très vif, est romanesque, donc insolite dans cette œuvre dramatique.
3 – Adagio : Bruckner commence l'adagio final par une longue phrase paisible aux cordes. Le premier thème est exposé rapidement avec puissance mais sans violence. Le compositeur est déjà détaché du monde terrestre. Une page de presque trente minutes d'une beauté stupéfiante pour une musique a priori âpre. On peut imaginer une prière, un hymne, l'évocation des meilleurs souvenirs terrestres en opposition avec les visions célestes. Bernstein apporte sa paix, sa lumière intérieure. Quel souci du détail, de la mise en place dans l'approche d'une forme d'extase… Mais je me répète…
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La discographie est fort généreuse de nos jours. On a cru bon de rééditer pour les "archéologues" du disque la lecture de Siegmund von Hausseger de 1938, "exécutée" en 54'. C'est intéressant mais autant écouter ce chef-d'œuvre sur un smartphone avec un réseau faible. Je suis de ceux qui pensent que la Hifi à été un révélateur pour Bruckner, grâce la transparence apportée aux discours, à la mise en valeur de l'étagement complexe des plans sonores, des jeux d'orchestration et de la dynamique. N'oublions jamais que Bruckner, même s'il n'a laissé aucune partition pour l'orgue, était un organiste de génie, et que ses symphonies sonnent souvent comme un orgue dont les jeux seraient les divers pupitres de l'orchestre. Donc je ne suggère que quelques CD modernes, et en stéréo comme chante Eddy Mitchell.
En 1966, Herbert Karajan signe l'un des ses meilleurs disques Bruckner (l’intégrale des années 70-80 lorgne vers un Wagner un peu trop dru). C'est sidéral au sens galactique, surhumain et poignant. L'orchestre philharmonique de Berlin offre ses couleurs diaphanes pour évoquer l'infini. (Dgg – 6/6)
Des quatre interprétations gravées par Gunther Wand, la dernière en 1998 (86 ans) avec la Philharmonie de Berlin est l'exemple même d'un chef qui a peaufiné toute sa vie son osmose avec un compositeur fétiche (RCA – 6/6).
Enfin Sergiu Celibidache, adepte de la phénoménologie et de la culture Zen, étire sur 80 minutes son interprétation métaphysique à la puissance 10, avec la Philharmonie de Munich. On découvre ainsi de nouveaux détails de cette dentelle orchestrale, mais il est préférable de se mettre sous relaxation profonde pour tenir la distance. On flotte avec bonheur dans l'éther de la pensée fusionnelle entre Bruckner et le chef, ou on décroche en soupirant. Pas de demi mesure ! (1995 - EMI – 5/6)
En 2012, avec la Philharmonie de Berlin, Simon Rattle a enregistrée la symphonie complétée par la dernière mouture du final reconstitué par les musicologues Samale, Phillips, Cohrs et Mazzuca. De vous à moi, c'est une curiosité, mais où est le génie de Bruckner ?!? 22' sans magie alors que les dernière mesures de l'adagio nous transporte vers l'éternité… Un travail courageux, mais le quatuor d'érudits s'est trompé de symphonie. Par ailleurs, l'interprétation de Rattle reste bien en retrait de celles citées avant, sans parler de celles des Jochum, Haitink, voire Mehta. (EMI – 3/6)

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Au choix, le CD en intégral sur le site Deezer où la vidéo du concert en live (dans ce cas tenir, compte dans les temps indiqués de l'arrivée du chef et des intermèdes entre les mouvements).


3 commentaires:

  1. Magnifique vidéo de la 9 ème de Bruckner par le non moins grand Bernstein ! Je préfère celle-ci à la version de Karajan chez Dgg en 1976 (A l'époque, ce sont les couvertures qui m'avaient attirées avec le dessin d'aile d'oiseau de différente couleur). La version de Gunther Wand, je ne demande qu'a gouter ne connaissant pas .

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    1. Comme je l'avais écris sur Amazon à propos de cette intégrale de Karajan aux pochettes "ailées" que j'avais notée *** :
      "Paradoxalement, rééditer cette intégrale ne participe guère à l'hommage justifié que la firme Dgg lui a consacré. Les réussites des cette édition seventies sont rares (la 3ème et la 5ème peut-être) ; l'orchestre gronde et tonne dans une conception déjà remise en cause à l'époque. La prise de son trop proche assourdit et masque tout le jeu des nuances à mettre en avant pour fluidifier la riche et complexe polyphonie propre à cette musique."
      "En résumé, je pense que si Dgg avait, à l'instar d'un double album consacré à Brahms, panacher en puisant dans les meilleures versions du patrimoine (7 et 8 à Vienne et la 9 de 1966) et en considérant que les 3 et 5 de l'édition présente sont de très haut niveau, j'aurais commenté de manière totalement différente et attribué 4*."

      Je me demande si Bernstein a commis un mauvais disque dans sa carrière ?

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  2. "Je me demande si Bernstein a commis un mauvais disque dans sa carrière ?"
    "Mauvais", à ce niveau de qualité et de notoriété, c'est rarement le cas, quels que soient les artistes considérés. Mais des disques contestables, chez Bernstein, il y en a à la pelle :
    • son disque Elgar avec l'orchestre de la BBC, accueilli avec incrédulité en Angleterre, qui s'y connaît assez bien en matière d'Elgar ;-) Les musiciens de l'orchestre ont parlé de farce, à l'époque, et du dédain assez ostentatoire que le chef leur avait montré : Nimrod d'Enigma en plus de 6 minutes, c'est "just a joke", quand on sait qu'Elgar en mettait moins de trois pour diriger la même variation;
    • une "Carmen" de Bizet exotique et très étirée;
    • des Mahler bourrés de tics interprétatifs et très loin de la geste simple et efficace de chefs comme Kubelik, Haitink ou Walter;
    • ledit Bruckner, où la symphonie est "surexposée" alla Bernstein ;-) Avec le même orchestre, le live d'Herbert von Karajan, du 25 juillet 1976, propose une interprétation nettement plus recommandable (DGG);
    • les derniers enregistrements de Sibelius, avec Vienne, pas désagréables mais étirés, étirés, étirés... sans doute au-delà du raisonnable ;-)
    Magnifique blog au demeurant !!! Je reviendrai souvent !

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