jeudi 16 février 2017

JOHN LENNON "IMAGINE" (1971) - par Pat Slade





Imagine avec des si ?




Si les Beatles ne s’étaient pas séparés, John Lennon aurait-il sorti « Imagine » ? Si le titre «Imagine» n’avait jamais été écrit, la face du monde musical aurait-elle été changée ? Si tout simplement John Lennon n’avait pas existé, le rock aurait-il eu une autre image ? Pourtant ce sera quand ce dernier quittera ce monde que l’on se rendra compte qu’il était précieux. Quelques jours après sa disparition, 100.000 fans se réuniront dans Central Park et devant l’immeuble Dakota où il logeait  pour un ultime hommage. Tous chanteront l’hymne «Give Peace of Chance», observeront 10 minutes de silence et des milliers de ballons blancs seront libérés dans le ciel. New York, pour célébrer la mémoire de John Lennon, mettra au sol dans Central Park une mosaïque avec le mot «Imagine». Si Lennon n’avait pas été assassiné, aurait-il eu l’image du martyr tombé pour la paix ou celle du l’icône du rock mort de sa passion ? Avec des si, on pourrait refaire l’histoire du monde en général et du rock en particulier.


John Winston Lennon a déjà eu l’apanage des colonnes du Déblocnot : dans une chronique de Luc consacrée à une bio-BD de Eric Corbeyan, et aussi lors de la publication d'un papier sur «Abbey Road» des Beatles. Il fallait étoffer cette présence. Et quoi prendre d’autre qu’«Imagine», son second album solo. Un an plutôt il sortait «John Lennon/Plastic Ono Band» avec déjà de grands titres comme «Mother», «Working Class Hero» et «God» et qui se classera n°6 au États-Unis. Un album qui sera un véritable exorcisme et avec lequel il chassera ses vieux démons.

Arrive «Imagine», l’album qui sera un succès commercial avec son morceau titre qui pendant 3.00 minutes va changer la face du monde et sera classé troisième plus grande chanson de tout les temps par le magazine Rolling Stone. Une chanson inspirée d’un poème tiré du livre de Yoko Ono «Grapefruit» de 1964. John Lennon déclara que la chanson était : «Anti-religieuse, anti-nationaliste, anti-norme et anticapitaliste», il dira aussi que la chanson est aussi bonne que tout ce qu’il a écrit avec les Beatles.
Pour l’enregistrement, il s’entourera de musiciens de haute-volée comme Jim Keltner, Klaus Voormann, Alan White et même Georges Harrison qui viendra participer à quelques cessions de guitare sur 5 titres.

«Crippled Inside» : un country rock joyeux sur des paroles sombres. Il commence à régler ses comptes avec Macca

«Jealous Guy» fût écrit en 1968 alors qu’il était en Inde avec ses potes des scarabées. C'est le Maharishi Mahesh Yogi qui va lui inspirer le titre qui avant s’appelait «Child of Nature» et aurait dû figurer sur le double album blanc. Mais le sujet inspira aussi McCartney qui écrira «Mother Nature’s Son» et ce sera celle de Paul qui sera retenue pour figurer sur l’album. Il changera les paroles pour en faire une ode à Yoko, mais conservera la mélodie intacte. 

«It’s So Hard» : un blues qui représente la dualité de Lennon avec les difficultés des choses de la vie. Il pris place sur la face B du 45 tour ou figurait «Imagine».  

«I Do Not Wanna Be a Soldier Mama» : une étrange chanson où il y a seulement 25 mots («Eh bien, je ne veux pas être soldat maman, je ne veux pas mourir»). Elle est très semblable à «I Want You (She So Heavy)» sur «Abbey Road».

«Gimme Some Truth» ; un titre ou John Lennon fustige les politiciens.

«Oh my love» : comme son titre l’indique, une douce chanson d’amour écrite par John et Yoko. 

«How Do You Sleep ?» : Lennon règle ses comptes avec McCartney qui en prend pour son grade avec des paroles agressives et meurtrières l’accusant de ne faire que de la musique d’ascenseur ; qu’il n’avait que sa belle gueule pour lui, que la seul bonne chose qu’il avait faite était «Yesterday», que ceux qui prétendaient qu’il était mort avaient raison et d'autres petites choses sympathiques. En 1975 pendant une interview, il dira que les paroles s’adressaient à lui-même. Dans la pochette de l’album, on voit une carte postale de John tenant un cochon par les oreilles et essayant de parodier la pochette de l’album de Macca «Ram» sur laquelle ce dernier tient un bélier par les cornes.

«How ?» : John Lennon se pose des questions existentielles «Comment puis-je aller de l’avant quand je ne sais pas ou je suis ?». Elle montre aussi ses réflexions sur le monde : «Le monde est si difficile, parfois, je sens que j’ai eu assez».

John et Phil Spector
«Oh Yoko» : chanson écrite pour sa femme dans laquelle John joue pour la deuxième et dernière fois de l’harmonica pour un enregistrement (La première fois depuis «Love me do» et «Rocky Raccoon»). Dans les chœurs on entend Phil Spector, également coproducteur avec John et Yoko.

«Dans de nombreux pays du monde et j’en ai visité près de 125, vous pouvez entendre «Imagine» presque aussi souvent que l’hymne national». C’est ainsi que s’exprimait l’ancien président des États-Unis Jimmy Carter. Le single ressortira peu après la mort de Lennon et restera classé n°1 pendant trois semaines, il ne sera délogé que par… Lennon lui-même avec «Woman». En 2002 le Guiness World Records organise une enquête auprès des anglais pour connaître quels sont leurs singles préférés, «Imagine» termine second derrière «Bohémian Rhapsody» de Queen.

L’album vinyle sera accompagné d’un poster représentant John Lennon jouant sur son piano blanc.
Reprise mainte fois, seulement trois noms me viennent à l'esprit dans l'immédiat : Elton John, Norah Jones et Lenny Kravitz, mais la liste est très longue !
Un film documentaire sortira en 1988, montrant Lennon dans la vie de tous les jours, entre autres les séances d’enregistrement d’«Imagine». 

Lennon souhaitait laisser derrière lui un message de fraternité universelle, je pense que c’est chose faite.       



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