mardi 11 juillet 2017

MOJO MACHINE "surrender to the boogie" (2017)

Je vous emmène aujourd'hui faire la tournée des juke-joints du delta du Blavet dans la Bretagne profonde du coté de Pontivy, ok c'est pas le Mississippi mais comme le chantait Maxime Le Forestier "être né quelque part pour celui qui est né c'est toujours un hasard". Faute d'être nés à Clarksdale (ville native de John Lee Hooker) nos amis n'en sont pas moins des inconditionnels de la note bleue, preuve que le blues n'a pas de frontières. Tout commence en 1998 quand Benjamin Depaepe (guitare) et Gurvan Leray (chant harmonica) fondent le duo Ben &Gu avec pour références les pionniers du blues (Sonny Boy, Muddy Waters..) mais aussi le blues rock des Johnny Winter, des Stones ou des Red Devils de Lester Butler.
Le duo accueille rapidement 3 nouveaux membres et tourne pendant 5 ans sous le nom de Ben & Gu & the Mojo Machine avant de faire une pause de 3 ans et de revenir en 2007 avec un nouveau line up. Benjamin et Gurvan sont toujours là bien sur épaulés de Laurent Preney (basse) Ronan Prod'hommes (drums) Brice Pascault (chant) et Gwénaël Bezayrie (guitare), le tout sous des pseudos originaux (voir ci dessous) .

10 ans et plus de 550 concerts plus tard voici un 4eme album bien nommé "Surrender to the boogie", fort de 5 reprises et 3 compos originales.
source: mojomachine.wixsite.com

Embarquons donc à bord de cette Mojo machine qui se révèle vite une infernale machine à groover dés les premières mesures de "Get down to the nitty gritty" un pur Chicago blues signé Luther 'snake boy' Johnson (1976), un ancien de chez Muddy Waters, on sent un groupe bien soudé, une rythmique solide, un rien funky, sur laquelle harmo et guitares s'en donnent à coeur joie. On continue dans le même genre avec "Still a food" de Robert Petway obert (1941), une pièce qui sera adaptée par Muddy Waters et reprise par Jimi Hendrix sous différents titres ("rollin'stone", "catfish blues"), un blues traînant, avec des relents de swamp blues dans une version dynamique où la voix burinée du chanteur est de circonstances. Troisième reprise, le "gangster of love", blues de Johnny "Guitar" Watson (1957) qui devint un hit suite à son réenregistrement funky en 1978 par son auteur. On continue avec l'instrumental endiablé "Gougoune's boogie" avec un harmo déchaîné, il y a du J. Geils Band là dedans , puis une autre compo maison, "Rollercoaster of love", mid tempo riche en solos de guitares et d'harmonica. Un petit Kid Ramos à suivre: "Talking that talk", west coast blues bien enlevé puis "Big shot" de Big George Jackson, bluesman de Minneapolis, bon gros boogie bien épais, à la Canned Heat. On termine avec "No wasting time" tout aussi énergique, à l'image de cet album sans temps mort qui impose nos bretons parmi les meilleurs groupes bluesy de  l'hexagone, et d'Europe même, ne soyons pas petits joueurs.  

ROCKIN-JL

(article paru dans le N° 47 de l’indispensable BCR la Revue)

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