jeudi 10 août 2017

THE BEATLES - L'ALBUM BLANC - par Pat Slade



Cette année, on fête les cinquante ans de "Sgt Pepper's", c'est pour ça que je vais parler... de l'album blanc. Encore un album mythique qui a traversé les temps sans prendre une ride. Numérotés, monochrome, la fin du psychédélisme pour du rock emprunt de mysticisme...et d'un peu de tout !




Le Double Blanc un Album mystique Haut en Couleur




Nous sommes en plein Flower Power, en août 1967, les Beatles sortent de l’enregistrement de «Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band», les Fab Four sont en pleine crise mystique et partent faire un séminaire d’initiation à la méditation transcendantale avec le Maharishi Mahesh Yogi à Bangor au Pays de Galles, mais la session tourne court quand ils apprennent La mort de leur manager Brian Epstein après une overdose de  barbituriques. Après le demi échec de «Magical  Mystery Tour», ils décident de créer leur propre label «Apple» avec pour logo une pomme provenant d’une toile du peintre Belge René Magritte acquise par Paul McCartney.

Le Maharishi les invite dans son pays pour une $e$$ion plus approfondie en février de l’année suivante. Ils partent avec armes et bagages, épouses et amis à Rishikesh, dans le nord de l’Inde, rejoindre le Maharishi Mahesh Yogi pour approfondir leur expérience de la méditation transcendantale. Mais avant d’entamer leur périple, ils vont enregistrer 4 titres pour ne pas laisser leurs fans orphelins durant leur absence. L’un des titres écrit par Paul : «Lady Madonna» sera n°1 en Grande Bretagne.




The Beatles : Des Indes Pas Très Galantes





A la mi février, John et Cynthia, George et Patty arrivent en premier et seront suivis 4 jours plus tard par Paul et Jane, Ringo et Maureen. Déjà sur place, on pouvait trouver Mike Love chanteur des Beach Boys, Donovan, Mia Farrow et sa sœur Prudence. 4 jours après son arrivée, Ringo attrape la variole.

John fréquente déjà Yoko en secret, il pense l’inviter mais renonce vite à cette idée. Yoko lui enverra une carte postale tous les jours que John ira chercher en secret tôt le matin. Le groupe mettra beaucoup de temps à comprendre pourquoi le Maharishi est toujours accompagné d’un comptable. Créativement très stimulés par leur escapade Indienne, Les Beatles écrivent et composent beaucoup, entre 30 et 48 morceaux vont sortir de leur imagination en 7 semaines, mais pas ensemble, chacun de leur coté. 30 de ces morceaux vont composer une partie de l’album blanc.

John et Cynthia font «méditation» à part. Lennon médite seul dans une chambre en pensant sûrement à une asiatique resté sur le nouveau continent, il composera «Dear Prudence» un morceau pour la sœur de Mia Farrow qui reste cloîtrée dans sa chambre trois semaines à méditer, tentant de rejoindre Dieu avant les autres. «Dear Prudence, won't you come out to play, Dear Prudence, greet the brand new day, The sun is up, the sky is blue, It's beautiful and so are you, Dear Prudence won't you come out and play» (Chère Prudence, ne veux-tu pas venir jouer dehors ? Le soleil est haut, le ciel est bleu, c'est merveilleux, tout comme toi, chère Prudence ne veux-tu pas venir jouer dehors ?). A l’enregistrement, c’était Paul McCartney qui était à la batterie, Ringo ayant déserté le groupe pour cause de disputes incessantes. Il a également manqué celui de «Back in the U.S.S.R». Prudence Farrow n’aura connaissance du morceau composé pour elle qu’à la sortie de l’album.

Lennon souffre d’insomnie, trouve les repas immangeables à l’inverse de Pattie Boyd, la compagne de Georges. Ringo aussi n’apprécie pas la nourriture, mais ce dernier avait emporté avec lui une pleine valise de Bean Heinz (Boite de conserve de haricots à la tomate). Ringo et Maureen seront les premiers à partir au bout de 15 jours. Entre lui qui ne supporte pas la nourriture épicée (Probablement à cause de la péritonite qu’il a eue enfant) et elle qui n’aimait pas les mouches, un jour elle est restée enfermée dans sa chambre parce qu’il y avait une mouche sur sa porte. Les seconds seront Paul et Jane après un mois, cette dernière ayant des obligations théâtrales à Londres.


Mia Farrow et le Maharishi
Mais le Maharishi n’est pas si cosmique que ça et se dévoile très au courant du monde de la finance. Il ira jusqu’à demander 25% des ventes de leurs futurs albums sur un compte en Suisse à son nom. Évidemment Lennon refusera. Et puis le gourou aura des vues bien terrestre sur Mia Farrow récemment divorcée de Franck Sinatra. Pour John Lennon que le « Maître» ait des faiblesses coupables le met hors de lui. Il quitte l’Ashram sur le champ en compagnie de Georges. Il composera la chanson accusatrice «Sexy Sadie» «You made a fool of everyone» (Tu t’es moqué de tout le monde) qui avait pour titre initial : «Maharishi» avec des paroles percutantes : «Maharishi, what have you done, you made a fool of everyone (…), You little twat, who the fuck you think you are», ou il présente le gourou comme un imposteur, les paroles de «Sexy sadie» deviendront : «Sexy sadie, what have you done, you made a fool of everyone, however big you think you are». Le changement de titre sera fait pour éviter les poursuites légales. Le Maharishi demandera pourquoi à John, ce dernier va lui répondre : «Si tu es si cosmique, tu sauras pourquoi», le gourou lui lancera un regard assassin. De retour à Londres, John avouera ses infidélités à Cynthia.


Avec la multitude de chansons composée en Inde, il n’y aura que l’embarras du choix pour remplir ce double album qui aurait du avoir pour titre «A Doll’s House» («Une maison de poupée» en référence à la pièce du norvégien Henrik Ibsen). 30 titres seront pris, les autres apparaîtront dans les albums solo de chacun comme «Child of Nature» de John qui plus tard une fois retravaillée deviendra «Jealous Guy» sur l’album «Imagine» en 1971.





Un album sous tension







Le groupe s’installe au studio d’Abbey Road entre mai et octobre 1968 et les premières mésententes et les premières pressions commencent à se faire sentir dues à la présence constante de Yoko Ono. Des le début, John demande à refaire des dizaines de fois «Révolution», McCartney fera de même avec «Ob-La-Di, Ob-La-Da». Un ras le bol s’installe et l’ingénieur du son Geof Emerick claquera la porte en plein milieu des sessions, laissant seul Georges Martin, qui lui aussi, profitera d’un mois de vacance planifié de longue date pour laisser les manettes à son assistant Chris Thomas quand ce ne sera pas aux Beatles eux-mêmes.

Chaque membre du groupe y va de son ou de ses compositions, jusqu’à Ringo Starr qui pour la première fois va imposer une de ses compositions «Don’t pass me by» et sera chanteur soliste sur «Good Night».
McCartney comme à son habitude touchera à tous les genres, que ce soit la ballade avec «Blackbird» ou «Mother Nature’s Son», le rock et «Back in the U.S.S.R» et le très rock avec «Helter Skelter».

Lennon ne sera pas en reste avec des titres plus doux comme «Julia» en hommage à sa mère, «I’m So Tired» et «Happiness Is A Warm Gun». Il fera aussi dans l’humour et la dérision et son «The Continuing Story of Bungalo Bill» ou les femmes des Beatles seront conviées dans le studio pour participer aux chœurs, un des derniers vers est chanté par Yoko Ono.

Georges Harrison placera quatre titres comme «Piggies» et «Savoy Truffle», mais son plus gros hit sera «While My Guitar Gently Weeps» ou il invitera son meilleur pote Eric Clapton pour les sessions. Mal lui en a pris quand on sait que ce dernier lui piquera sa femme quelques années plus tard.  

Mais je reviens à cette bouillie sonore et indigeste qu’est «Révolution 9». Un collage de plus de huit minutes de bruit et de son divers. Considéré comme de la musique expérimentale par certain, concrète par d’autres, crée par Lennon et Yoko (Qui était une artiste avant-gardiste avant de connaître John). Un titre qui n’aurait jamais du voir le jour sur un pareil album, huit minutes de gâché, deux autres morceaux auraient pu voir le jour à la  place de cette monstruosité.

Maintenant, la question cruciale et que tout le monde se pose : Pourquoi l’album blanc est-il blanc ? Il existe plusieurs hypothèse, Lennon voulait quelque chose d’osée concernant lui et Yoko, il aurait rajouté : «Ça sera ça ou rien» et ce fut… rien ! (Il se rattrapera plus tard avec l’album «Two Virgins»). Enfin de compte ce fut Richard Hamilton considéré comme l’inventeur du Pop Art, qui proposa que la pochette soit blanche et de faire une affiche avec un collage des photos des Beatles et les paroles des chansons qui serait insérée à l’intérieur avec en plus quatre portraits des Beatles sur papier glacé qui se sont à l’époque retrouvées, chez certains, épinglés aux murs de leurs chambres.

En résumé, l’album blanc est un gros fourre-tout musical ou on trouve un panel de choix divers, du génial, du moyen et du très moyen (Pour ne pas dire du nul «Ob-La-Di,Ob-La-Da»). Mais comme tout les chefs d’œuvres, impossible de faire l’impasse sur l’album, tu commences l’écoute, tu vas jusqu’au bout.                       


4 commentaires:

  1. sacré album! tu seras surpris mais Obladi Oblada est un de mes titres préférés de l'album et un de mes titres favoris tout court des scarabées...sinon comme tu le dis il y a à boire et à manger là dedans, peut être un album simple aurait il suffit...

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  2. L'histoire de Desmond et Molly qui chante le soir dans un groupe "Obladi Oblada ainsi va la vie
    Lala comment la vie va Obladi Oblada ainsi va la vie Lala comment la vie va" Ben je suis désolé de te dire sa, mais plus débile...tu meurs !

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    1. pour moi c'est justement cette simplicité qui la rend imparable; j'adore la musique tres british avec une pointe de Caraibes (certains le citent comme la premiere ebauche de reggae blanc), enfin l'origine de l'expression qui signifie "la vie continue" en yorumba, phrase que citait tout le temps leur copain, le joueur de congas nigérian Jimmy Scott, tout cela rend vraiment ce titre intéressant. mais c'est ça aussi un tel album, y'a de tout pour tous les gouts! indispensable!

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    2. Evidemment si on devait traduire toute les paroles des chansons des Beatles (Une tache auquel je mettais attelé à une époque), il y a des titres ou le contenus est complètements incompréhensible comme "I am a Walrus", mais à l'époque, les cigarettes qu'ils fumaient avait une odeur bizarroïde. J'ai découvert les Beatles avec "I saw her standing there" et depuis je n'ai jamais arrêté de collectionner leurs vinyles(15 albums officiel, j'en possède 39 d'un peut partout sur la planète).

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